Quelques repères lyonnais : où et comment s’expérimente la gouvernance partagée ?
Des conseils de quartier réinterprétés
Lyon dispose depuis longtemps de conseils de quartier : dispositifs initialement consultatifs, rénovés à partir de 2021 pour leur donner davantage d’autonomie dans certains arrondissements, notamment à la Croix-Rousse (4) et à Gerland (7). Ces conseils sont composés majoritairement d’habitants tirés au sort ou volontaires, aux côtés de représentants associatifs, d’élus et de techniciens municipaux.
Exemple : au sein du conseil de quartier Jean Macé (Lyon 7), un groupement d’une vingtaine de citoyens prépare, anime et suit la quasi-totalité des réunions thématiques autour de la végétalisation des rues et de l’espace public. Ils ont élaboré un plan d’action en 2022, validé, amendé puis mis en œuvre avec les services de la Ville. En 2023, six projets de micro-aménagments sont issus de ces ateliers, couvrant des besoins allant des jardins partagés à l’installation de bacs de compostage urbain (source : Ville de Lyon).
Le budget participatif : donner du pouvoir aux habitants
La première édition lyonnaise du budget participatif, lancée en septembre 2021, a constitué une étape importante. Les habitants proposaient puis votaient les projets à financer sur une enveloppe de 12,5 millions d’euros (source : Lyon Capitale). Plus de 1 200 idées déposées, 201 retenues et soumises au vote, 57 projets lauréats financés : succès indéniable en termes de participation (près de 30 000 votants en ligne ou sur papier).
Mais la gouvernance partagée ne se limite pas au recueil du vote. Des collectifs, tels que “C’est nous les Quais” dans le 2, suivent l’avancée de leur projet retenu – ici, l’aménagement collaboratif d’un tronçon des quais du Rhône – en siègeant avec les équipes techniques lors des réunions de suivi. Plusieurs porteurs de projets témoignent d’une montée en compétence et d’une collaboration parfois inédite avec les services municipaux.
Co-gestion d’équipements : le cas Lyon Zéro Déchet
Certains équipements publics expérimentent la co-gestion avec des collectifs citoyens. L’exemple le plus significatif reste celui de la Maison du Zéro Déchet, située dans le quartier de Perrache-Confluence. Gérée par l’association Zéro Déchet Lyon, elle fonctionne sur un mode collégial incluant salariés, bénévoles, représentants du quartier et partenaires institutionnels.
La mairie a accordé, depuis 2021, un bail associatif incluant une clause de co-animation : le comité de gestion, composé pour moitié d’habitants ou d’usagers, participe à la programmation des activités, à la politique tarifaire et à l’évolution de l’offre de services. Résultat : en deux ans, la fréquentation a presque doublé, passant de 10 000 à 19 000 visiteurs par an en 2023 (source : Lyon Demain).