Une histoire urbaine marquée par la grande couronne sociale
Comprendre la répartition des logements sociaux à Lyon, c’est d’abord revenir sur la généalogie de l’urbanisme lyonnais. La montée en puissance des grands ensembles des années 1950-70 (Mermoz, États-Unis, La Duchère, ou encore la Saulaie à Oullins) répond alors à l’urgence du logement et à la croissance urbaine.
- Le 8e arrondissement (sous l’impulsion du maire Louis Pradel dans l’après-guerre, puis du préfet Delouvrier) devient un territoire d’accueil massif de familles modestes, venues notamment d’Afrique du Nord et du Vietnam.
- La Duchère (9e arrondissement), projet du tournant des Trente Glorieuses, abrite aujourd’hui encore près de 11 000 habitants dans ce qui fut conçu comme une ville nouvelle à part entière.
Ces quartiers, souvent construits à l’écart du centre, répondent à la logique urbaine de l’époque : éloigner la pauvreté et l’industrie, Réserver le centre aux classes moyennes ou supérieures, tandis que l’Est et l’Ouest accueillaient les nouveaux arrivants et les salariés d’usine.
| Arrondissement | Quartier clef | Part des logements sociaux |
| 8e | Mermoz, États-Unis | ~35 % |
| 9e | La Duchère | ~34 % |
| 7e | Gerland | ~28 % |
| 3e | Montchat, Sans Souci | 15-18 % |
| 2e | Perrache, Presqu’île | <10 % |
| 6e | Brotteaux, Parc | <9 % |
Ces différences, massives, perdurent malgré les politiques de renouvellement urbain (Programmes ANRU), qui visent à casser la logique de "poches" HLM et favoriser la mixité. Malgré cela, on observe encore une sur-représentation du logement social dans les secteurs périphériques.