l’urgence et l’agitation comme méthodes de gouvernement

Non classéle 5 février 2016Sans commentaires

le rapport d’Amnesty International éclaire l’utilité (faible) de l’Etat d’Urgence pour le travail de police nécessaire. A minima, il devrait interroger le personnel politique quant à son efficacité ; mieux encore, il pourrait déclencher une réflexion avec les services Police/Justice sur les outils et méthodes déployés face aux risques contemporains.

Les conclusions du Conseil d’Etat qui, mercredi dernier, refusait de suspendre tout ou partie de « l’Etat d’urgence », m’inquiètent en tant que juriste et en tant que citoyen. Se considérant comme légitime pour interpeller le Chef de d’Etat, il n’entendait pourtant pas le faire au motif des attentats passés et de l’engagement militaire extérieur de la France.

Contrairement à ce qu’avançaient les requérants devant le Conseil d’Etat, je ne crois pas qu’il s’agisse d’un piège politique. (On décrète l’Etat d’urgence pour montrer aux électeurs qu’on ne fait pas preuve de laxisme puis on n’ose plus en sortir).

Etre dans l’urgence justifie l’absence de réflexion et de débat sur la réorganisation police/justice pour l’adapter aux risques contemporains ; cela conforte aussi l’absence d’imagination du personnel politique. Derrière les grands discours sur les valeurs de la République (à défendre) et les postures martiales, nos dirigeants s’étiolent autour de mesures inutiles (déchéance de nationalité) et de petites lachetés quotidiennes (absence de réaction de la Ministre de l’Education Nationale à une patente instrumentalisation politique de la religion sur un plateau tv).

Les français ont peur, et les sondages d’opinion établissent le lien entre cette peur et leur approbation à la continuité de l’Etat d’urgence. Je pourrais m’inquiéter pour mes concitoyens et leur compréhension du monde, mais ce sont peut-être les instituts de sondage qui posent mal la question. Je m’inquiète surtout de nos dirigeants actuels qui considèrent que l’agitation est une réponse adéquate à cette peur.

Une remise à plat de notre organisation Police/justice est nécessaire fasse à ce danger mélant guerre à l’étranger/terrorisme/réseaux mafieux/instrumentalisation politique d’un religion. La police et la justice sont-elles équipées et adpatées pour un combat qui fait davantage appel aux outils de l’espionnage qu’à l’investigation traditionnelle ?

Notre armée est mobilisée à l’étranger et sur notre territoire, aux limites de ses capacités. Pourquoi ne demandons-nous pas à nos amis européens qui ne souhaitent pas intervenir militairement en Syrie ou ailleurs de nous aider pour la protection des populations ? Des soldats allemands, italiens ou hollandais pour l’opération Sentinelle constitueraient un symbole autrement porteur de sens.

De l’imagination et des idées pour donner de l’espoir, voila le propos politique dont nous avons besoin.

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