la ligne de crête de l’indépendance

Non classéle 17 novembre 2016Sans commentaires

Dans le contexte d’un tripartisme (FN/UMP/PS) écrasant et stérile, beaucoup de petits mouvements locaux ou nationaux tentent d’émerger sur la notion de « citoyenneté », la volonté de faire de la politique autrement ou sur le refus du traditionnel clivage « gauche/droite ».

Ce tripartisme, auquel on pourrait ajouter la galaxie « Front de gauche », forme une sorte de Cartel. Par les modes de scrutins, les règles de financement de la vie politique et les temps d’accès médias, il s’est assuré une rente électorale et des privilèges durables. Se concevoir hors de lui, contre lui, c’est faire oeuvre de résistance dans un système démocratique affaibli et en danger.

Ce verrouillage de la vie démocratique pourrait être toléré, si la société connaissait une période de prospérité et de sérénité. Nous en somme loin. Il est alors la conséquence et la cause de cette situation. La cause, car malgré la mondialisation et la puissance des forces économiques et financières, l’action politique dispose toujours d’un effet de levier considérable.  La difficulté dans laquelle nous nous trouvons collectivement a pour origine les échecs du personnel politique actuel. La conséquence, car conscientes de leurs faiblesses, ces organisations politiques font tout pour empêcher l’émergence d’une concurrence.

Faut-il alors attendre et soutenir les « anti-système » ? Loin s’en faut. Ce n’est d’ailleurs pas tant « d’anti-système » dont nous avons besoin, mais de gens qui souhaitent en construire un nouveau. Au travers de vieilles et de nouvelles utopies, on trouve parmi les mouvements émergeants ces dernières années, des idées neuves et de nouvelles approches. Le risque pour eux est de s’épuiser avant d’avoir pu influer ou participer du pouvoir politique. Il est en effet difficile d’investir le champ électoral pour proposer d’autres solutions.

Cette difficulté, et le sentiment d’urgence face à la fragilisation de la société française (chômage de masse croissant, délitement de l’instruction publique, etc.), peuvent nous conduire à soutenir des discours qui semblent différents, ou à chercher des hommes (ou des femmes) providentiels qui promettent le changement. Très rapidement, trop rapidement. Le conservatisme des tenants du système actuel est fort, trop pour que quelques mois de discours différents ne puissent le bousculer.

Ceux qui veulent une transformation économique et sociale doivent inscrire cette conviction dans le temps, et démontrer leur indépendance à l’égard du Cartel. Il est frustrant de se dire qu’on ne pourra pas agir très vite. Mais nous devons apprendre des espoirs et des lendemains de campagnes des Bayrou, Cohn-Bendit ou Payre. Il est nécessaire de durer sur la ligne de l’indépendance et des idées pour espérer demain être perçus par nos concitoyens comme une alternative aux partis traditionnels.

Aussi, faut-il rester sur le ligne de crête de l’indépendance, avec toute la difficulté de l’exercice. Et convaincre tous ceux qui aspirent à d’autres approches de réunir leurs énergies pour résister ensemble sur cette ligne.

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