Gérard Collomb veut-il réformer l’Education Nationale ?

Non classéle 9 novembre 2016Commentaires fermés

Lors de l’ouverture des JECO 2016, le Maire de Lyon, apporta une contribution pour le moins surprenante au débat inaugural. Si elle fut courte, son allocution fut dense et ciblée sur l’École dont il lui paraît qu’elle doit être profondément réorganisée. De l’école primaire au lycée, notre système d’instruction publique semblât ce matin-là être à ses yeux fort inadapté au monde contemporain.

Je n’avais jamais entendu le Maire de Lyon s’exprimer avec autant de vigueur sur le sujet. De prime abord, j’acquiesce à cette déclaration, tant je partage l’idée que notre École doit être repensée en profondeur pour répondre aux attentes de ses acteurs (apprenants, enseignants, parents d’élèves) et de la société.

Puis, je m’interroge sur les motivations de celle-ci. Notamment à l’aune du débat des dernières élections municipales où le Maire sortant avait montré si peu d’appétit pour une approche ambitieuse de la réforme des rythmes scolaires.

On se souvient que cette réorganisation était abordée uniquement comme une contrainte, budgétaire notamment. A aucun moment, elle ne fut envisagée comme une opportunité pour la politique locale d’impacter favorablement le système d’instruction publique.

Nous fûmes les seuls à proposer une réforme articulée autour des nouveaux rythmes imposés par l’Etat dans la perspective d’élargir les horizons des enfants et de proposer, au sein de l’Ecole, des savoirs complémentaires à ce qu’apportent les enseignants. Et le refus des autres candidats de venir sur ce sujet empêcha le débat.

Au final, ce qui a été mis en place est au mieux une garderie, au pire une simple mesure technique pour s’adapter à la loi. Son impact éducatif sera nul. Rappelons ici que plus de 40% des enfants ne participent pas à ces temps du vendredi après-midi.

La faiblesse récurrente de l’Etat sur le sujet impose que les Collectivités locales s’impliquent sur la question de l’instruction publique. Le Maire de Lyon a raté l’opportunité en 2014. Voudra-t-il faire avec la Métropole (écoles primaires et Collèges) ce qu’il n’a pas imaginé pour la ville ?

A moins qu’il ne s’agisse que d’une déclaration pour seulement étayer son engagement dans la politique nationale. Son soutien actif à Emmanuel Macron le conduit à s’éloigner le plus possible du bilan gouvernemental. De facto, la déclaration est aussi un non satisfecit à celui de la Ministre de l’Education Nationale qui, depuis 3 ans, était supposée avoir « refondé » l’École. D’une pierre deux petits coups politiques, mais aucun changement à attendre.

L’avenir nous dira ce qu’il en est. Quant à nous, convaincus de la nécessité d’une transformation de notre École, nous reviendrons avec d’autres propositions sur le sujet, dès les prochaines échéances électorales.

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