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Chômage, Macron, l’étrange réforme

Actualités, Non classéle 26 mars 20171 Commentaire

Emmanuel Macron propose une nouvelle approche du chômage, et fait de celle-ci un axe fort de son projet. Force est de constater qu’il est le seul à s’attaquer au sujet. François Fillon compte sur la baisse des charges, de la fiscalité et le renoncement aux 35h et leurs effets magiques. Benoît Hamon semble avoir renoncé à l’idée qu’il puisse y avoir du travail pour tout le monde. S’il propose classiquement un grand plan d’investissement supposé créer des emplois, son projet est surtout marqué par sa vision d’un revenu universel d’existence et d’une taxe sur les robots.

Les autres ayant renoncé à une organisation du marché du travail, examinons avec attention ce que propose Emmanuel Macron.

En substance, celle-ci repose sur deux piliers : l’abandon du système assurantiel pour un système ouvert à tous et le renforcement de l’encadrement des chercheurs d’emploi.

La fin du système assurantiel, pour quels horizons ?

Depuis l’invention de l’assurance chômage en 1958, la philosophie du système est simple. Dès lors que vous êtes salariés, une partie des cotisations prélevées sur votre salaire alimentent un fonds assurantiel que vous pouvez solliciter dès lors que le « risque » chômage survient. Vous êtes alors indemnisés. Les partenaires sociaux font régulièrement évoluer les règles (montant, durée minimum de cotisation, durée d’indemnisation, etc.) mais le principe est intégré par la population active.

Le projet « En marche » veut donc y mettre fin et le remplacer par un droit ouvert à tous, ex salariés et ex non salariés. Cela présente une certaine cohérence au regard de l’augmentation massive de l’entreprenariat en France (2.63millions d’indépendants sur une population active occupée de 26.5 millions de personne) et à l’alternance emploi salarié/non salarié que connaissent les générations nées dans les années 70 et après.

Une réforme à quel coût ?

Se pose immanquablement la question du coût d’un tel changement. E Macron avance 1.4Mds€, l’Institut Montaigne un coût entre 4 et 9 Mds €. Avec une telle fourchette, autant dire qu’on en n’a aucune idée.

Rappelons ici quelques faits trop souvent occultés. Il y a aujourd’hui 6 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi et environ 2 millions (jeunes, personnes au RSA qui ne le sont pas faute d’y trouver une utilité). Parmi ces 6 millions, 48% ne perçoivent aucune indemnisation. Si nous sortons du système assurantiel – c’est-à-dire du principe je cotise pour me prémunir d’un risque et je perçois une compensation lorsque le risque survient -, pour un principe de protection universelle, toute personne active peut légitimement aspirer à être indemnisée face au chômage.

Dès lors, les premiers bénéficiaires du changement proposé seront évidemment ces personnes inscrites à Pôle Emploi, mais non-indemnisées (elles n’ont pas assez cotisé, leurs droits sont éteints, etc.). Or,  l’indemnisation moyenne (des 52%) est de 1058€/mois, soit une nouvelle dépense de … 32.5 Mds€.

Intégrer les indépendants et les démissionnaires est intéressant et certainement louable. Il est pourtant peu probable, vu son coût, que la proposition d’Emmanuel Macron devienne un droit universel de compensation du chômage. Sauf à imaginer une baisse drastique de l’allocation octroyée…

Alors sur quels critères refuser cette protection à ceux qui la demanderont ?  La création de nouveaux critères d’indemnisation hors système assurantiel pourra-t-elle être comprise et acceptée par la population active ? Par qui ces critères seront-ils fixés ? Les parlementaires ? L’Etat (l’administration)?

L’Etat, nouveau gestionnaire et contrôleur du chômage ?

En effet, la réforme proposée donne à l’Etat la responsabilité de la gestion (intégration de l’Unedic à l’Etat) et surtout le contrôle des chômeurs.

A ce titre, E Macron évoque précisément le fait de pouvoir refuser 2 propositions « décentes » mais pas 3, sauf à perdre son allocation. Au-delà du principe, la question se pose du comment et qui ?

En l’Etat, Pôle emploi, à qui échoit le rôle du suivi des personnes inscrites et indemnisées, est noyé sous le volume. Un renforcement du contrôle et une approche qualitative de celui-ci supposeraient une augmentation significative du personnel de Pôle Emploi/l’Etat dédié à cette tâche et le recrutement de nouvelles compétences pour cet « accompagnement à l’emploi ». Personne ne peut en effet croire que le personnel actuel puisse assumer ces fonctions ou qu’une formation de celui-ci se ferait à moindre coût.

La fiction de l’Etat régulateur du marché de l’emploi ?

Étonnement, ce volet n’a été nulle part débattu ou même calculé en terme de dépense publique.

Rappelons ici le rapport de la Cour des Compte (2015) qui considérait que Pôle Emploi n’intervenait que dans … 12% des mises à l’emploi. Certes, les communications de Pôle Emploi évoquent le chiffre de 30% des offres du marché qui transitent par l’institution. Et quand bien même ? Dès lors que l’Etat n’a pas la capacité de réguler l’offre et la demande sur le marché du travail, comment peut-on décider du caractère « décent » d’une offre ?

En toile de fond, le propos suppose que le chômage serait lié à des chercheurs d’emploi (6 à 8 millions) qui ne prendrait pas des emplois non pourvus (300 000 ?). Peu convaincant.

Ce contrôle a d’ailleurs été enclenché par le gouvernement Valls depuis fin septembre 2015, sans qu’aucune évaluation ne semble disponible. On peut légitimement douter qu’il apporte quelque chose.

Emmanuel Macron, a présenté habilement une réforme qui semble généreuse et en phase avec l’époque. Elle l’est, superficiellement. Comme tant d’autres avant lui, il peine à imaginer une société où l’on ferait confiance. Une société où l’on substituera à la lourde bureaucratie et aux injonctions, une action plus fine sur ce qui facilite la vie des gens, en l’occurrence celle des chercheurs d’emploi et des entreprises. Une société où le rôle de l’Etat serait redéfini, – il ne saurait être le même qu’il y a trente ans – où l’expérimentation locale et l’évaluation serait privilégiée ; en bref une société plus moderne.

Le mirage de la formation continue en France

Actualités, Non classéle 2 février 2017Sans commentaires

La seconde chance nécessaire

Il y a quelques vieux poncifs dans la vie politique française. Parmi ceux-ci, la réforme de la formation continue ou professionnelle figure en bonne place. Le consensus sur l’inefficacité de l’organisation actuelle n’augure pourtant ni de propositions, ni d’un débat sur le sujet. Les candidats à la présidentielle sont très timides sur les alternatives.

Hamon évoque un « droit universel à la formation tout au long de sa vie » sans plus de précision, et Fillon, pourtant initiateur du DIF, ne parle que de « généraliser l’apprentissage dans l’enseignement professionnel ». Mélenchon n’aborde le sujet ni ne le propose sur son site participatif. A l’identique chez Le Pen dont le programme de 2012 ignorait déjà le marché du travail. Jadot, qui veut « améliorer la vie quotidienne des françaises et des français » n’a pas plus d’idées en la matière. Finalement, parmi les candidats testés dans les sondages, seul Macron évoque « tous les actifs devront pouvoir bénéficier de ressources pour se former et pouvoir s’adresser directement aux prestataires de formation, sans intermédiaire ». Sa volonté affichée de maintenir ce sujet entre les mains du paritarisme semble toutefois parfaitement contradictoire.

Cet enjeu central à l’organisation économique et sociale en France ne déchaîne donc pas l’enthousiasme. Pourtant, la plus grande part des personnes en recherche d’emploi (et de ceux qui ont renoncé) dispose d’un niveau d’instruction modeste. Ainsi, plus de 80% des personnes inscrites à Pôle emploi ont-elles au mieux le Bac (60% ont au mieux un CAP). La corrélation entre emploi et instruction/qualification est au moins au question qui se pose.

Suffit-il de penser qu’avec le temps, le phénomène ira décroissant ? Peu probable. En effet, si nous sommes parvenus à ce que 75% d’une classe d’âge atteigne le Bac, seule 42% de cette même classe d’âge aura un diplôme de l’enseignement supérieur. Outre qu’il y a là un gâchis terrible qui devrait interroger les responsables politiques, la question de la qualification de la population active française demeure entière.

Dès lors, quid de ceux, nombreux, à qui la formation initiale n’a pas permis d’acquérir une qualification ? Focalisons-nous sur une seconde chance – d’accès à une qualification – manifestement nécessaire.
Depuis combien de temps pointe-t-on dans d’innombrables rapports l’inefficacité des 30 Mds€ consacrés à la formation professionnelle ? Bien avant la naissance des générations Z, Y et peut-être X. A-t-on déjà essayé sérieusement de remettre en question le cadre légal et l’organisation en la matière ? Jamais. Les DIF, et surtout les CPF et autre CPA sont si complexes qu’ils sont des défis à l’intelligence.

L’objectif d’une remise à plat complète est simple : que chaque individu puisse se former une fois dans sa vie si la formation initiale lui a manqué. Les possibilités d’acquérir un nouveau métier et/ou de compléter sa formation découleront ensuite de la nouvelle organisation que nous aurons imaginée. L’Etat peut-il s’en charger dans le cadre d’un service public ? Peu crédible si on observe les résultats en matière d’orientation ou d’emploi. Le paritarisme ? Les résultats actuels ne plaident pas un statut quo en la matière. Il faudra donc inventer une autre organisation.

Impacts attendus : nous nous définissons largement à travers ce que nous faisons, notre métier. Cette seconde chance sera un acte significatif d’une société exigeante et bienveillante. Elle permettra une élévation du niveau moyen de compétences de la population active dont on peut légitimement espérer accroissement de l’activité, des emplois créés et de la productivité.

Le Musée des Tissus à Confluence

Actualités, Non classéle 16 janvier 2017Commentaires fermés

Parfois, il convient de dire le bien que l’on pense d’une initiative de la majorité municipale et métropolitaine. A ce titre, nous soutenons la volonté de transférer le Musée des Tissus au sein du Musée des Confluences.

Cette perspective donnerait une fin heureuse et porteuse d’avenir à la situation difficile que connaît l’institution depuis plus d’un an.

Le sort du Musée des Tissus est incertain, depuis que le propriétaire des murs (CCI) veut vendre ce patrimoine. Il faudra d’ailleurs s’intéresser à l’avenir d’un tel bâtiment, classé, dans l’hyper-centre.

En 2016, sont créés un Comité scientifique et une association destinés à porter le Musée (4500 ans d’histoire du textile, un centre de recherche scientifique), mais aucune solution n’a émergé pour l’hébergement et l’exploitation du Musée. L’absence de la Ville de Lyon dans les derniers tours de table était inquiétante et regrettée par tous les acteurs publics et privés impliqués.

Dès l’annonce de la volonté de la CCI de se séparer des lieux, nous avions proposé le transfert du Musée des Tissus au Musée des Confluences.

Le symbole est fort : nous mettons à la pointe du quartier destiné à tirer la ville dans le XXIe siècle l’héritage de sa période « capitale de la soie ».
Il importe également d’optimiser un Musée neuf, ruineux en investissement et fonctionnement par un apport de 80 à 100 000 visiteurs par an.
Enfin, il est cohérent sur le plan scientifique et culturel car il permet d’enrichir le contenu d’un Musée assez pauvre de ce point de vue avec un ensemble qui inspire artistes et chercheurs du monde entier, avec une bibliothèque forte de 30 000 ouvrages et de nombreuses publications.
Soutenons cette idée et maintenons un haut niveau d’exigence à ce transfert, car nous nous avons à l’esprit la disparition des collections du Musée Guimet, jamais revenues de la lointaine capitale parisienne, ou le Musée de l’Hôtel-dieu dont la continuité longtemps promise a été discrètement abandonnée.

Eric Lafond

Financement illégal des partis, le prix de la démocratie ?

Actualitésle 14 décembre 2016Sans commentaires

Lundi 12 décembre, les Le Pen père et fille se voyaient notifier par le Parlement Européen une demande de remboursement de près de 500 000€. Il s’agit en l’occurrence des salaires d’assistants parlementaires … manifestement assignés à d’autres fonctions au sein de leur formation politique.

Le même jour la presse locale se faisait l’écho de la démission du chef de cabinet de Gérard Collomb à la Métropole de Lyon. Celui-ci rejoint à temps plein l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron. La Tribune de Lyon précise qu’il oeuvrait jusque là entre 50% et 70% de son temps pour ladite campagne… tout en étant salarié de la Métropole.

La coïncidence de ces deux situations éclaire les cuisines de notre démocratie, là où le regard du citoyen va rarement. Elle éclaire aussi les faiblesses et les insuffisances qui la fragilisent.

Qu’on ne tourne pas autour du pot : nous sommes confrontés là à des financements illégaux de formations politiques. Les règles sont en effet claires : les finances des partis politiques sont alimentées par le financement public (lié aux élections législatives), par les contributions des élus, les dons et adhésions des personnes physiques (ceux-ci étant plafonnés). Aucune exception n’est tolérée par la loi.

La pratique génère pourtant des zones floues. Ainsi des collaborateurs des groupes dans les assemblées locales dont tout le monde sait qu’ils sont amenés à travailler autant pour le groupe que pour le parti (pour autant que le groupe soit constitué sur cette base). A l’identique des attachés parlementaires, membres de cabinet et autres chargés de mission d’élus dont on sait que l’allégeance est double. Cette pratique est tolérée car … incontrôlable dès lors que les personnes s’attèlent à réaliser a minima les tâches auxquelles la rémunération est formellement affectée. Le cas des attachés parlementaires frontistes éclaire une exagération manifeste. A trop jouer en bordure de la zone floue, ils en sont manifestement sortis…

A l’identique pour le chef de cabinet du Président de la Métropole, dont on perçoit mal la corrélation avec le temps passé pour le compte d’un candidat déclaré à la candidature présidentielle, quand bien même le Président de la Métropole soutient ledit candidat.  Il y a là une forme d’appropriation personnelle des moyens consentis par la collectivité qui éclaire les dérives féodales de notre système politique.

En effet, ces actes de financement illicite, qui ne seront peut-être jamais jugés pour tels, doivent nous alerter sur l’état très dégradé de la démocratie française. Son fonctionnement repose aujourd’hui sur des partis exsangues (y a t-il encore 300 000 adhérents tous partis politiques confondus ?). Leurs ressources limitées les conduisent alors à user et abuser des zones floues du financement des partis politiques. Elles les conduisent aussi à freiner tout renouvellement du personnel politique – reconnaissance du vote blanc comme un suffrage exprimé, limite au renouvellement des mandats dans le temps, non-cumul strict, abaissement des plafonds de dépenses électorales, abaissement des seuils de remboursement, etc. -. La loi modifiant les règles relatives à l’élection présidentielle, votée conjointement par le PS et l’UMP, – publicité des parrainages, temps de parole à dimension variable – est de la même veine.  Rien ne doit exister à côté de ceux qui sont en place et vivent de la rente électorale.

Emmanuel Macron contrarie ce schéma. Le pourra-t-il jusqu’au bout ? Rien n’est moins sûr. A-t-il la volonté de transformer les pratiques politiques ? Sa discrétion sur les réformes nécessaires et son utilisation des pratiques illicites laisse à penser que non.

Faut-il faire avec ? Les partisans de M Macron argueront certainement qu’il faut se battre à armes égales avec les vieux partis. Le prix de la démocratie est-il de ne pas voir comment elle se fabrique ? Je ne le crois pas. Son prix est l’effort constant pour l’améliorer, donner les moyens à chaque citoyen de participer, et à chaque élu d’être exemplaire.

Chômage, manipule-t-on les chiffres ?

Actualitésle 15 octobre 2016Commentaires fermés

Fiabilité et Sincérité des chiffres de Pôle Emploi ? La Commission d’enquête sénatoriale, en posant cette question, semblait vouloir marquer les esprits.

Si l’hypothèse de la manipulation est d’emblée écartée par les sénateurs, ils parviennent toutefois à la conclusions que « ils ne sont pas à eux seuls – les chiffres de Pôle Emploi – un indicateur fiable et pertinent du chômage. »

Hourra, serait-on tenté de dire !!

Enfin, des responsables politiques s’attachent à comprendre en détail la réalité qui mine la société française – le chômage de masse – depuis plus de 20 ans. Fort de cette découverte, les parlementaires préconisent une approche différente des chiffres du chômage. Celle-ci devrait à l’avenir prendre en compte, non seulement les chiffres de Pôle Emploi, mais aussi le « halo du chômage », soit environ 1.5 millions de personnes.

La conclusion du rapport est toutefois moins enthousiasmante. Toute d’abord, on aurait pu attendre des sénateurs qu’il nous renseigne sur l’état des lieux réels. Forts de leur nouvelle compréhension de la situation, que ne nous dévoilent-ils pas la réalité du non-emploi en France ? Le chiffre, 8 millions, ferait-il peur ?

Ensuite, quels enseignements tirés de cette nouvelle lecture ? En basculant dans un examen des politiques de l’emploi menées en Grande-Bretagne et en Allemagne, les sénateurs évitent soigneusement le sujet. Outre la sempiternelle proposition d’une organisation annuelle des « Assises de l’Emploi » et l’augmentation des moyens octroyés à l’administration (Dares) en charge des études, rien de neuf ne sort donc de cette commission.

Comment imaginer trouver des solutions politiques lorsqu’on ne connaît pas la réalité du sujet ? Nous avions décrit voici  3 ans maintenant cette réalité. Le taux d’emploi permet de bien lire la situation du non-emploi en France. Inférieur à 2/3 de la population active, il explique notre endettement et l’effondrement de notre « modèle économique et social ».

Cette Commission sénatoriale marque une légère inflexion sur le diagnostic. Elle s’était ouverte, il est vrai, aux suggestions/contributions des citoyens, et peut-être cela a-t-il contribué à ouvrir les yeux des parlementaires sur le réel.

Toutefois, dès lors qu’il est établi que le non-emploi concerne près de 8 millions de personnes, sur les 28.5 millions de la population active (15-64 ans), soit 28% de la population active, comment en rester là ?

Personne ne manipule les chiffres. Mais manipule-t-on les esprits pour empêcher une remise à plat – qui ne serait autre que salutaire – des politiques initiées depuis 30 ans ?

Pourquoi Macron n’est (encore) qu’une illusion

Actualitésle 5 septembre 2016Commentaires fermés

Les gens en parlent, au moins ceux qui suivent la vie politique. La personnalité d’Emmanuel Macron, ses sourires placides, ses petites phrases, sa démission attirent l’attention des médias parisiens. Des gens semblent prêts à s’engager pour lui : le nonagénaire millionnaire, ex-financier de la deuxième gauche de Rocard lui a ouvert sa bourse, les animateurs de « En Marche » lui donnent du temps, de nombreuses personnes semblent avoir adhéré (0€) à son mouvement.

Sa démission du gouvernement a accentué l’excitation médiatique. On commence à décortiquer le bonhomme (ses revenus, ses réseaux, etc.) ; elle a aussi poussé le monde politique à émettre des signaux. Certains pour rappeler que la politique économique de François Hollande, c’est lui…, d’autres l’habillent pour l’hiver comme représentant des élites hors-sol, d’autres enfin pour lui montrer de l’affection (des petits mouvements comme Nous, Citoyens, La Transition, des parlementaires socialistes, des responsables UDI, etc.). Cette attention se cristallise sur son hypothétique participation réelle à la vie politique française, à savoir comme candidat à la présidentielle – ce que même les sondages nous disent ! – ou comme fondateur d’un nouveau parti.

Parrainages, budget et organisation pour la présidentielle ?

Or, cette attention est, à ce jour, inversement proportionnelle, à sa capacité à participer à l’élection présidentielle. Emmanuel Macon demeure une illusion médiatique et politique, et ce pour quelques raisons qui tiennent à l’organisation de la vie politique française et aux (dys)fonctionnements de notre démocratie.

L’élection présidentielle nécessite l’obtention de parrainages, un budget conséquent et une organisation solide. Emmanuel Macron ne dispose d’aucun de ces trois éléments, et rien n’indique qu’il pourrait en disposer dans les mois à venir.

Il n’a pas échappé aux observateurs attentifs que les 2 principaux partis politiques français (PS et UMP) ont, à l’automne dernier, verrouillé l’accès à l’élection présidentielle. Les parrainages sont dorénavant publics ce qui, sauf surprise, devrait rendre ceux-ci plus rares et très partisans (les maires des petites communes ont compris le message). Le maire, conseiller régional ou parlementaire qui apportera son soutien à un candidat hors de son parti est certain de se voir blâmer de bien des manières par la suite : refus d’investiture, sanction budgétaire, etc. Il faudra beaucoup d’élus courageux pour déverrouiller l’élection.

Si Emmanuel Macron a de  nombreux amis millionnaires, il n’est pas pour autant en capacité de financer une campagne présidentielle. Les règles de financement de la politique interdisent en effet de lever des fonds massivement auprès de gens fortunés. Seuls les partis peuvent abonder les millions nécessaires à une telle échéance, car les banques leur prêtent ces fonds. Elles ont en effet leur garantie en tant que personne morale et la sécurité des fonds publics que distribuera l’Etat (remboursement et financement public). L’adhésion à 0€ auprès du mouvement « En marche » n’augure pas d’une volonté de lever des fonds. Peut-être un coup marketing pour le lancement, mais le temps presse. Demeure l’hypothèse d’un financement intuitu personae – une première dans l’élection présidentielle -, mais le passage chez Rotschild n’a pas été aussi lucratif.

Enfin, les milliers de personnes qui ont cliqué sur le site « En Marche » ne constituent évidemment pas une organisation. Les prémices de celle-ci ? Rien n’est moins sûr. Cette organisation doit non seulement viser l’élection présidentielle mais aussi les élections législatives qui suivent, sans quoi participer à la première échéance serait vain. Cela signifie identifier et préparer des candidat(e)s qui seraient de facto les relais d’opinion d’un candidat à la présidentielle. Rien n’est prêt en ce sens et les mois qui accourent à l’horizon raccourcissent le temps.

Un projet ?

Sur le fond, au-delà des petites phrases, il se contente d’annoncer le résultat du travail d’analyse issu de la collecte effectuée par les volontaires marcheurs en porte-à-porte. Moins de régulation sur l’entreprise (temps de travail, rémunération), plus de liberté sur les moeurs (légalisation du cannabis) ne font toutefois pas un projet de société, et c’est ce que l’on est en droit d’attendre d’un leader politique.

Emmanuel Macron sous-estime-t-il ces éléments ou s’en désintéresse-t-il ? Dans les 2 cas, cela fait de lui une illusion politique. Compte-t-il récupérer l’appareil du PS à son profit – ce qui lui fournirait les 3 éléments manquants – ? Ce serait audacieux,  moins bouleversant toutefois que les attentes qu’il génère à ce jour.

8 mois pour choisir des représentants en confiance

Actualités, Non classéle 5 septembre 2016Sans commentaires

Choisir en confiance est un idéal pour un citoyen en démocratie.

En France, en 2016, la défiance prédomine, non seulement dans le champ démocratique, mais plus largement dans les nombreuses relations quotidiennes qui nous permettent d’ordinaire de faire société. Dans la relation employeur/employé, dans le rapport entre usager et administration, dans la relation parents/enseignants, l’inquiétude est latente, si ce n’est palpable. On pourrait penser qu’elle est typiquement française, associée à notre capacité à râler, mais ce serait balayer trop vite plusieurs décennies de chômage de masse, dix ans d’une économie morose et 2.5 millions de jeunes sortis de l’école depuis 15 ans sans aucun diplôme, c’est-à-dire sans reconnaissance de ce qu’ils pourraient apporter à la société.

Dans un tel contexte, les actes terroristes pèsent lourdement. Certes, ils donnent, à chaque fois, l’occasion de rappeler des principes sur lesquels est fondée notre société. Ils permettent même une expression des convictions autour de ces principes – manifestations dans le calme, drapeaux aux fenêtres, etc.- Mais ils fournissent aussi des arguments à ceux qui, au sein de la société française, ont envie d’en découdre, de ne plus « vivre ensemble ». Qui ne voit pas les expressions de plus en plus nombreuses du désir de partition ou d’exclusion ?

Or, la réponse autoritaire et le ton martial – pratiqués à outrance par le gouvernement et l’UMP – ne sont pas à la hauteur des enjeux et de l’époque car ils ne peuvent donner ni espoir, ni confiance à moyen terme. Il serait donc essentiel que les personnes candidates en 2017 puissent générer de la confiance, tant par les projets qu’elles porteront que par les comportements qu’elles incarneront.

Exemplarité, innovation, transformation bienveillante

Il est temps que le personnel politique prenne conscience du devoir d’exemplarité qui lui incombe. En terminer avec la course aux privilèges et aux avantages est impératif. Redonner de la noblesse à l’engagement politique, un passage obligé pour la crédibilité des solutions qui peuvent émerger.

L’innovation est devenu un mot « marketing », utilisé à toutes les sauces. Pourtant, il constitue un fil conducteur pour les idées, approches, solutions, expérimentations qui dans la plupart des domaines – rôle de l’Etat, organisation économique et sociale, système éducatif, etc. – permettront de promouvoir une nouvelle société et donneront l’espoir de la voir émerger.

La transformation bienveillante de la société française est l’axe nécessaire à la confiance et au « faire société ». Il faut remettre à plat bien des sujets sur lesquels nous n’avons pas changé depuis 70 ans ; et retrouver ainsi une exigence perdue par le maintien des habitudes et des organisations obsolètes. C’est une transformation dont nous avons besoin. Elle ne saurait être autre que bienveillante, car il ne s’agit pas de désigner des responsables (ou des boucs émissaires), mais de construire de nouvelles approches et organisations permettant à chacun de donner le meilleur de lui-même.

Nous aurons besoin de personnalités, d’hommes et de femmes courageux pour dépasser le conservatisme craintif dans lequel s’embourbent le corps électoral et la société française.

Une école transformée

Actualitésle 24 mai 2016Commentaires fermés
En ce domaine aussi – l’instruction publique ou l’Education nationale – les solutions imaginées dans les partis traditionnels ne sont guère différentes et beaucoup – si ce n’est tout – devient une question de postures et de communication.
En moyenne, les élèves de notre Ecole comprennent moins bien les textes, les exercices mathématiques, les concepts scientifiques qui leur sont proposés. Chacun peut relativiser – les classements, les études, les multiples ouvrages sur le sujet – mais la réalité est palpable. Si on admet que le progrès de notre société repose sur un accès amélioré aux savoirs et aux connaissances, il y a là une contradiction que l’on doit résoudre.
Les critiques de notre système d’instruction publique sont nombreuses et viennent de toute part. Le manque de moyens est une critique majeure, et il ne manque pas d’arguments. Ainsi du montant constant en % du PIB que constitue la dépense éducative depuis 15 ans, alors que la dépense publique n’a cessé d’augmenter. Mais qui n’a pas le sentiment que l’argent ne résoudra rien, tant qu’une autre organisation ne sera pas proposée ?
Il est reproché à l’Ecole de se « libéraliser ». Est-ce le bon mot pour qualifier le fonctionnement une instruction publique séparant de plus en plus ceux qui disposent d’un capital savoirs/connaissances/argent fort (cours particuliers, écoles privées dont la fréquentation est en hausse constante) et les autres ?  Dès lors, qui peut penser que les quelques ajustements proposés autour des langues – fussent-elles mortes ou vivantes -, ou le mini-ajustement sur les rythmes des primaires, changeront l’école ?
S’il est commun de penser que la « réduction des inégalités » est une priorité supposée de l’Ecole, il n’est pas interdit de considérer que celle-ci est en fait totalement occultée par la crainte du changement. Or, il nous semble que l’heure est à la remise à plat complète de notre système d’instruction publique.
Qui parle aujourd’hui d’extension massive de nombre de jours d’école ? De réorganisation de la journée ? De méthodes différentes inspirées des progrès incroyables des neurosciences ? De réorganisation des collèges et des lycées dans une logique campus, c’est-à-dire ouverts toute l’année ? D’intégration aux collèges et lycées des autres acteurs de la société disposant de savoirs – association, entreprises, ONG -. De la révolution numérique de l’apprentissage avec les tutoriels et les cours en ligne permettant l’autoformation ? La réponse est malheureusement personne tant le débat est bloqué sur la recherche de boucs émissaires (les profs, les parents, etc.) et la nostalgie (l’autorité à restaurer, les savoirs fondamentaux à revaloriser, etc.).
C’est une révolution, pacifique, fondée sur l’intelligence et la bienveillance, dont a besoin notre système d’instruction publique. Une transformation qui donnera naissance à une organisation où chaque acteurs pourra donner le meilleur de lui-même. Il appartient aux mouvements plus jeunes, aux think tank, aux démarches citoyennes de le penser, puis de faire cette transformation. Il appartient aux candidats aux élections de proposer des transformations allant dans ce sens. Nous, nos enfants, les enseignants ont tout à gagner à imaginer l’école du XXIè siècle en déclinant différemment les espoirs de l’école républicaine : gratuité, laïcité, mérite.

Conservateurs/Progressistes, nouveau clivage ?

Actualitésle 20 mai 2016Sans commentaires

La saillie de notre jeune énarque-banquier d’affaires, E Macron pour ceux qui ne l’auraient pas reconnu, a provoqué un rapide bouillonnement médiatique autour du vieux et traditionnel clivage droite/gauche. Elle révéle la tentation de bien des candidats à la présidentielle de s’inscrire dans son propre clivage.

Je ne saurai lui reprocher de vouloir ranger parmi les souvenirs le « gauche/droite ». Je me suis engagé en politique avec cette même conviction ; ai adhéré et défendu l’indépendance du Modem pour cette raison ; puis proposé des alternatives électorales à Lyon et avec 100%Citoyen dans la continuité.

Nous sommes d’ailleurs peut-être minoritaires à en être convaincus. Beaucoup de nos concitoyens se définissent encore à travers cette séparation. Je lui trouve deux défauts majeurs. Son contenu (de part et d’autre) s’est évidemment étiolé et repose pour l’essentiel sur des représentations anciennes du monde. Surtout, sa bipolarité n’est pas suffisante pour comprendre l’époque actuelle et proposer des approches/idées nouvelles. Gauche et droite représentent alors 2 formes de conservatisme.En cohérence d’ailleurs avec l’orientation prise par la politique française aux lendemains de la seconde guerre mondiale, entre un étatisme de droite – symbolisé par De Gaulle et ceux qui s’en revendiquent depuis -, et un étatisme de gauche – symbolisé par la longue et forte influence des communistes à gauche.  La conviction partagée par la majorité de notre personnel politique quant au fait que nous avons le meilleur « modèle économique et social » vient chapeauter l’ensemble.

Face à ces conservatismes, il est médiatiquement plus porteur de se présenter comme appartenant aux « progressistes », aux « hors-système », voire aux « patriotes » vs mondialistes, quand la défiance à l’égard des partis traditionnels est acquise. Cela porte-t-il pour autant des projets différents, des politiques différentes ? Rien n’est moins sûr. Je crois que la majorité de la société française est aujourd’hui conservatrice, essentiellement par nostalgie et par crainte de perdre le confort matériel acquis. 13.5 millions de retraités, vivant en moyenne, mieux que les actifs, près de 6 millions de fonctionnaires dont l’emploi est garanti, auxquels s’ajoutent 2.5 millions de salariés de grands groupes, constituent ce corps social qui considère ne pas avoir intérêt à transformer en profondeur les grands équilibres de la société française. Dès lors, qui seraient les progressistes ? Emmanuel Macron a propose une version consistant à bousculer quelques vieilles habitudes ou totem de la gauche (ISF par exemple) et rassembler « tous ceux qui veulent que ca bouge ». Le fil rouge est dynamique, mais il se réduit le plus souvent à la seule volonté d’adaptation permanente et sans fin au monde. Cela ne constitue pas un projet de société.

Un nouveau pacte économique et social

Il paraît nécessaire de penser une transformation de la société française car les principes du vieux pacte républicains, élaboré en 1945, ne donnent plus d’espoir. Et il est raisonnable de penser que nous pourrons faire mieux, avec intelligence et bienveillance. Un nouveau rôle pour l’Etat, moins bureaucratique et plus efficace là où la régulation est nécessaire, une nouvelle organisation du système éducatif, une ambition environnementale (autosuffisance énergétique et libération du pétrole), un nouveau deal économique et social entre capital et travail, etc. C’est presque une page blanche qu’il nous faut écrire ; et proposer alors un projet politique différent de celui porté par la grande majorité du personnel politique actuel.

La transformation de la société française, par la voie de l’intelligence et de la bienveillance, de l’expérimentation et des savoirs, est un horizon politique qui peut nous différencier, mais aussi rassembler ceux qui seraient tentés par le conservatisme ou le « bougisme ». La société française n’est pas binaire, les options qui s’offrent à nous ne le sont pas non plus. Ne le laissons pas penser par tradition ou confort.

Nous avons besoin d’un nouveau rêve européen

Actualitésle 3 avril 2016Sans commentaires

Le 9 mai, nous célébrons une flamme éteinte. 66 ans après, le rêve européen, celui de Schuman, Monnet, des démocrates chrétiens, des libéraux et des socialistes, s’est évaporé et nous n’en avons plus qu’une nostalgie. Sur ce sujet comme sur les autres, nos dirigeants politiques et économiques se contentent au mieux d’entretenir l’existant. Plus grave peut-être, ils caressent l’illusion qu’en bricolant à la marge on pourrait améliorer un ensemble institutionnel, économique et social auquel les peuples européens ne croient plus.

Les mouvements politiques favorables à la construction européenne sont depuis longtemps en mode défensif. Sans relief lorsqu’ils évoquent la paix ou la monnaie, désespérants quand ils imaginent convaincre les électeurs en lui montrant le petit logo européen sur les projets co-financés. Ce faisant, ils font le lit de ceux que l’on a nommés souverainistes, sceptiques ou populistes, et dont la constance intellectuelle n’a d’égal que la variation des noms : la cause de nos difficultés est toujours ailleurs et vaguement complotiste.
Plus grave, ils ont souvent participé à la trahison des électeurs qui ont vu leur vote de 2005 (non au Traité Constitutionnel) bafoué par le traité adopté en 2009 au Parlement (dit Traité de Lisbonne). Cette fracture est encore à l’esprit de beaucoup d’électeurs, y compris parmi ceux qui avaient voté pour en 2005.
Nous sommes lucides sur l’état actuel de l’Europe
L’Union Européenne présente des faiblesses qu’il est difficile de nier.
Bonne élève du libre-échange et de la concurrence, elle a écartelé le continent entre la crainte du travailleur européen délocalisé et la disparition ou la quasi disparition de l’industrie européenne sur de nombreux marchés. Nous pouvons, peut-être, construire des batiments moins chers et acheter des écrans plats intelligents à bas prix, mais notre identité de consommateur ne saurait remplacer celle de citoyen européen ; surtout si l’emploi se raréfie sur le continent et devient source de contentieux entre peuples européens.
Vertueuse au sein des Nations-Unies, son comportement dans la guerre civile yougoslave avait sérieusement écorné l’idée qu’elle soit un acteur crédible sur la scène internationale. Inexistante dans l’accompagnement du « printemps arabe », incapable de soutenir les acteurs susceptibles de faire évoluer ces pays vers des régimes modérés, elle subit les mouvements géopolitiques autour d’elle sans paraître jamais avoir de vision, d’objectifs, ni même d’intérêts à défendre. L’accord passé avec la Turquie, « argent contre renvoi des réfugiés » finit de ternir une image sans relief.
Enfin, les difficultés à faire naître une coopération policière/judiciaire continentale, cruellement éclairées par la série d’attentats que nous connaissons, altèrent un acquis de la citoyenneté européenne : la libre circulation.
Notre avenir est européen
Le retours aux Etats et aux frontières est une illusion. Ces notions sont dépassées pour la population européenne la plus instruite, depuis longtemps engagée dans l’universalisation du commerce, du savoir et de la culture. Elles sont aussi sans espoir pour les plus modestes d’entre nous, car elles n’apporteront pas la protection espérée.
Nous avons besoin d’un nouveau rêve européen, et il appartient à une nouvelle génération de se lever pour l’écrire et le mettre en oeuvre. Quelques principes et quelques réformes pourront éclairer cet avenir nécessaire.
L’innovation pour une prospérité durable, la solidarité et l’implication internationale comme nouvelles valeurs européennes
Devenir autonome sur le plan énergétique est un objectif autour duquel nous pouvons fédérer à un nouvel idéal européen. Pour des raisons environnementales évidentes et des enjeux géopolitiques tout aussi évidents, nous devons nous libérer de nos dépendances au pétrole, gaz et uranium. Depuis peu, les scientifiques et les entreprises ont résolu les obstacles au stockage de l’énergie, notamment avec l’hydrogène. Avec l’ambition politique nécessaire, nous pouvons développer les énergies renouvelables, faire naître une nouvelle industrie et nous libérer progressivement des mésalliances auxquelles ces ressources nous contraignent.
Les mécanismes d’optimisation fiscale et sociale entre nous, cette concurrence délétère que nous avons laissé prospérer en notre sein, se révèlent contre-productifs. Il faut les remplacer par une harmonisation rapide, soutenue par un effort de solidarité conséquent des régions riches vers les plus modestes. En parallèle, dire à nos partenaires économiques asiatiques, américains et autres que le libre-échange n’implique pas un renoncement à l’exigence de qualité des produits et des services quant ceux-ci sont destinés à nos concitoyens. La liberté est une valeur essentielle de notre identité européenne, il faut lui ajouter aujourd’hui un peu d’intelligence pour ne pas la laisser devenir un dogme qui se retounera contre nous.
Parmi ces nouvelles libertés figurera en  bonne place, celle de pouvoir contribuer à la pacification du monde et à la promotion des idéaux de liberté et de progrès nés sur notre continent. Certes, en la matière, il y a certainement un tropisme français, pas toujours partagé par nos voisins. Mais si nous pouvions soutenir en ce sens les populations d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’ailleurs, quelle source de fierté cela pourrait être pour les européens dans leur ensemble. Faut-il une force militaire européenne pour accompagner cette ambition ? Incontestablement.
Une reconstruction par les villes et les régions
Si nos Etats et nos vieilles administrations ne sont pas en mesure de faire cette révolution des idées, appuyons nous davantage sur les Régions et les Métropoles pour la faire. Développons à cet étage, des relations quotidiennes avec nos voisins européens. Ce sont dans les villes, les écoles et les entreprises que le nouveau rêve européen pourra prendre corps.
Nous avons besoin d’espoir, nous avons besoin d’un horizon, nous avons besoin d’être fiers d’être européens. N’attendons rien de ceux qui nous gouvernent aujourd’hui, construisons le nous-mêmes !