voter macron sans hésitation

Non classéle 3 mai 2017Sans commentaire

En 2002, le duel Chirac-Le Pen était arbitré par les français à 83/17. En 2017, les estimations des sondeurs affichent le duel Macron-Le Pen, au mieux, à 60/40.

Cette mise en miroir des deux résultats éclaire le bilan de ceux et celles qui ont gouverné ces 15 dernières années.Ils n’en tirent pas de conséquence car nous les avons trop souvent réélus.

La campagne présidentielle qui s’achève, à l’instar de la précédente, fut mauvaise. Pauvre en idées neuves, renforçant les clivages au sein de la population française au lieu de les atténuer, elle ne nous rassure pas sur notre trajectoire collective.

Les appels à voter blanc ou à s’abstenir parmi les candidats qui ne se sont pas qualifiés pour le 2nd tour marquent la profondeur des divisions qui s’installent au coeur de notre société.

Je voterai Macron au 2e tour. Je comprends les doutes et les craintes que sa campagne a générés. Je demeure sceptique sur la sincérité du message, peut-être pour avoir déjà souvent entendu les mêmes promesses de renouvellement jamais réalisées. Je suis déçu par le manque d’ambition d’un projet qui aménage plus qu’il ne transforme alors mêmes que les circonstances étaient exceptionnellement favorables.

Je n’ai donc pas voté Macron au 1er tour, mais je le ferai au 2nd, sans hésitation. Si ses partisans se trompent, il sera un président sans solution et nous aurons (encore) un peu de temps devant nous pour essayer de nouvelles approches. A l’inverse, avec Marine le Pen, le chaos serait immédiat. Et si j’entends la colère et le désespoir de ceux qui voient là un mal nécessaire qui permettra, après, de reconstruire, la durée du « après » est trop incertaine pour prendre le risque.

Une recomposition politique, mais laquelle ?

Non classéle 26 avril 2017Sans commentaire

Le résultat du 1er tour de la présidentielle nous propose-t-il une recomposition profonde du paysage politique français ou est-il le simple fruit d’un concours de circonstances exceptionnelles ?

L’enlisement du leader de la droite traditionnelle dans une succession de mensonges et de postures victimaires est une de ces circonstances. Le bilan du Président en place – conduisant ce dernier à ne pas se présenter et, par voie de conséquence, à marginaliser son parti -, en est une autre.

Un bloc de 4 avait structuré l’offre politique française en 2007, puis en 2012. Un autre émerge au soir du 1er tour de 2017, est-il si différent ?

L’absence de la droite traditionnelle du 2nd tour, dans une élection qui lui était promise, ne saurait être la conséquence de la seule inconséquence de son représentant. Se projetant, dès 20h01, vers les législatives, ses responsables ne peuvent faire l’économie d’une réflexion et d’un choix quant au positionnement de la droite. Elle a deux options. La première Droite Forte/Sens commun lui offre une base électorale hyperactive, furibonde et quasi fanatisée. Ce retour à la « droite légitimiste » l’enferme tant cette base peinera à s’élargir. La seconde consiste à recoller les morceaux avec ses vieux alliés UDI tout en renouvelant la génération de ses représentants. Dans l’intérêt de la démocratie, la seconde option est préférable mais est-elle encore possible ?

L’effacement du PS va de pair avec l’émergence d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon. Le premier a eu l’audace de se lancer voici un an, les circonstances évoquées plus haut lui ont ouvert le chemin. Le profil de ses principaux soutiens dessine une recomposition du PS autour de lui ; un PS qui aura alors fait son « Bad-Godesberg » malgré lui. Devenu social-démocrate, ce parti verra alors en Macron – si nous continuons à filer la métaphore allemande – un Gerard Schröder français qui jettera définitivement aux oubliettes le vieux logiciel socialiste. Les centristes qui l’ont rejoint en espérant retrouver les accents perdus du Modem des premiers jours seraient marri, une nouvelle fois. Surtout, l’idée d’un centre indépendant aura alors totalement disparu de l’échiquier politique.

Jean-Luc Mélenchon revendique d’ores et déjà l’héritage de la gauche, républicaine, laïque et révolutionnaire pour incarner une 2e gauche qui imaginera être la seule.

A l’ombre des 4 précédents, depuis plusieurs années maintenant, les propositions politiques alternatives se contentaient des miettes et s’égaraient le plus souvent dans des chemins absurdes ou complotistes. L’élection présidentielle a confirmé ce schéma : les 6 « petits » se partageant 8.5% des suffrages.

S’il s’agit d’une recomposition, ce nouveau cartel de 4 améliorera-t-il notre démocratie et notre situation politique ? Rien n’est moins sûr.

Outre que les différences avec le précédent ne sautent pas aux yeux, il manque toujours une proposition de transformation en profondeur de notre organisation politique, économique et sociale. Le citoyen est aujourd’hui enfermé dans un carcan électoral. Il ne peut en sortir, ni lui, ni aucune idée neuve. Dès lors, le débat politique tourne en rond autour de rêves anciens – école républicaine et méritocratie, « sécurité sociale », « pays des droits de l’homme », etc.  Nostalgiques, conservateurs, souvent moralisateurs, progressistes mais sans idées très convaincantes, les nouveaux 4 semblent tout autant incapable d’apporter des réponses adaptées à l’époque et porteuses d’espoirs à une population française encore plus divisée.

Il faudra donc que des « petits » (mouvements citoyens, formations politiques) continuent à porter – et se fédèrent pour le faire efficacement- cette volonté d’une modernisation radicale de la démocratie française afin de faire émerger des hommes et des femmes en capacité de proposer et tester des idées neuves.

Chômage, Macron, l’étrange réforme

Actualités, Non classéle 26 mars 20171 Commentaire

Emmanuel Macron propose une nouvelle approche du chômage, et fait de celle-ci un axe fort de son projet. Force est de constater qu’il est le seul à s’attaquer au sujet. François Fillon compte sur la baisse des charges, de la fiscalité et le renoncement aux 35h et leurs effets magiques. Benoît Hamon semble avoir renoncé à l’idée qu’il puisse y avoir du travail pour tout le monde. S’il propose classiquement un grand plan d’investissement supposé créer des emplois, son projet est surtout marqué par sa vision d’un revenu universel d’existence et d’une taxe sur les robots.

Les autres ayant renoncé à une organisation du marché du travail, examinons avec attention ce que propose Emmanuel Macron.

En substance, celle-ci repose sur deux piliers : l’abandon du système assurantiel pour un système ouvert à tous et le renforcement de l’encadrement des chercheurs d’emploi.

La fin du système assurantiel, pour quels horizons ?

Depuis l’invention de l’assurance chômage en 1958, la philosophie du système est simple. Dès lors que vous êtes salariés, une partie des cotisations prélevées sur votre salaire alimentent un fonds assurantiel que vous pouvez solliciter dès lors que le « risque » chômage survient. Vous êtes alors indemnisés. Les partenaires sociaux font régulièrement évoluer les règles (montant, durée minimum de cotisation, durée d’indemnisation, etc.) mais le principe est intégré par la population active.

Le projet « En marche » veut donc y mettre fin et le remplacer par un droit ouvert à tous, ex salariés et ex non salariés. Cela présente une certaine cohérence au regard de l’augmentation massive de l’entreprenariat en France (2.63millions d’indépendants sur une population active occupée de 26.5 millions de personne) et à l’alternance emploi salarié/non salarié que connaissent les générations nées dans les années 70 et après.

Une réforme à quel coût ?

Se pose immanquablement la question du coût d’un tel changement. E Macron avance 1.4Mds€, l’Institut Montaigne un coût entre 4 et 9 Mds €. Avec une telle fourchette, autant dire qu’on en n’a aucune idée.

Rappelons ici quelques faits trop souvent occultés. Il y a aujourd’hui 6 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi et environ 2 millions (jeunes, personnes au RSA qui ne le sont pas faute d’y trouver une utilité). Parmi ces 6 millions, 48% ne perçoivent aucune indemnisation. Si nous sortons du système assurantiel – c’est-à-dire du principe je cotise pour me prémunir d’un risque et je perçois une compensation lorsque le risque survient -, pour un principe de protection universelle, toute personne active peut légitimement aspirer à être indemnisée face au chômage.

Dès lors, les premiers bénéficiaires du changement proposé seront évidemment ces personnes inscrites à Pôle Emploi, mais non-indemnisées (elles n’ont pas assez cotisé, leurs droits sont éteints, etc.). Or,  l’indemnisation moyenne (des 52%) est de 1058€/mois, soit une nouvelle dépense de … 32.5 Mds€.

Intégrer les indépendants et les démissionnaires est intéressant et certainement louable. Il est pourtant peu probable, vu son coût, que la proposition d’Emmanuel Macron devienne un droit universel de compensation du chômage. Sauf à imaginer une baisse drastique de l’allocation octroyée…

Alors sur quels critères refuser cette protection à ceux qui la demanderont ?  La création de nouveaux critères d’indemnisation hors système assurantiel pourra-t-elle être comprise et acceptée par la population active ? Par qui ces critères seront-ils fixés ? Les parlementaires ? L’Etat (l’administration)?

L’Etat, nouveau gestionnaire et contrôleur du chômage ?

En effet, la réforme proposée donne à l’Etat la responsabilité de la gestion (intégration de l’Unedic à l’Etat) et surtout le contrôle des chômeurs.

A ce titre, E Macron évoque précisément le fait de pouvoir refuser 2 propositions « décentes » mais pas 3, sauf à perdre son allocation. Au-delà du principe, la question se pose du comment et qui ?

En l’Etat, Pôle emploi, à qui échoit le rôle du suivi des personnes inscrites et indemnisées, est noyé sous le volume. Un renforcement du contrôle et une approche qualitative de celui-ci supposeraient une augmentation significative du personnel de Pôle Emploi/l’Etat dédié à cette tâche et le recrutement de nouvelles compétences pour cet « accompagnement à l’emploi ». Personne ne peut en effet croire que le personnel actuel puisse assumer ces fonctions ou qu’une formation de celui-ci se ferait à moindre coût.

La fiction de l’Etat régulateur du marché de l’emploi ?

Étonnement, ce volet n’a été nulle part débattu ou même calculé en terme de dépense publique.

Rappelons ici le rapport de la Cour des Compte (2015) qui considérait que Pôle Emploi n’intervenait que dans … 12% des mises à l’emploi. Certes, les communications de Pôle Emploi évoquent le chiffre de 30% des offres du marché qui transitent par l’institution. Et quand bien même ? Dès lors que l’Etat n’a pas la capacité de réguler l’offre et la demande sur le marché du travail, comment peut-on décider du caractère « décent » d’une offre ?

En toile de fond, le propos suppose que le chômage serait lié à des chercheurs d’emploi (6 à 8 millions) qui ne prendrait pas des emplois non pourvus (300 000 ?). Peu convaincant.

Ce contrôle a d’ailleurs été enclenché par le gouvernement Valls depuis fin septembre 2015, sans qu’aucune évaluation ne semble disponible. On peut légitimement douter qu’il apporte quelque chose.

Emmanuel Macron, a présenté habilement une réforme qui semble généreuse et en phase avec l’époque. Elle l’est, superficiellement. Comme tant d’autres avant lui, il peine à imaginer une société où l’on ferait confiance. Une société où l’on substituera à la lourde bureaucratie et aux injonctions, une action plus fine sur ce qui facilite la vie des gens, en l’occurrence celle des chercheurs d’emploi et des entreprises. Une société où le rôle de l’Etat serait redéfini, – il ne saurait être le même qu’il y a trente ans – où l’expérimentation locale et l’évaluation serait privilégiée ; en bref une société plus moderne.

Le mirage de la formation continue en France

Actualités, Non classéle 2 février 2017Sans commentaire

La seconde chance nécessaire

Il y a quelques vieux poncifs dans la vie politique française. Parmi ceux-ci, la réforme de la formation continue ou professionnelle figure en bonne place. Le consensus sur l’inefficacité de l’organisation actuelle n’augure pourtant ni de propositions, ni d’un débat sur le sujet. Les candidats à la présidentielle sont très timides sur les alternatives.

Hamon évoque un « droit universel à la formation tout au long de sa vie » sans plus de précision, et Fillon, pourtant initiateur du DIF, ne parle que de « généraliser l’apprentissage dans l’enseignement professionnel ». Mélenchon n’aborde le sujet ni ne le propose sur son site participatif. A l’identique chez Le Pen dont le programme de 2012 ignorait déjà le marché du travail. Jadot, qui veut « améliorer la vie quotidienne des françaises et des français » n’a pas plus d’idées en la matière. Finalement, parmi les candidats testés dans les sondages, seul Macron évoque « tous les actifs devront pouvoir bénéficier de ressources pour se former et pouvoir s’adresser directement aux prestataires de formation, sans intermédiaire ». Sa volonté affichée de maintenir ce sujet entre les mains du paritarisme semble toutefois parfaitement contradictoire.

Cet enjeu central à l’organisation économique et sociale en France ne déchaîne donc pas l’enthousiasme. Pourtant, la plus grande part des personnes en recherche d’emploi (et de ceux qui ont renoncé) dispose d’un niveau d’instruction modeste. Ainsi, plus de 80% des personnes inscrites à Pôle emploi ont-elles au mieux le Bac (60% ont au mieux un CAP). La corrélation entre emploi et instruction/qualification est au moins au question qui se pose.

Suffit-il de penser qu’avec le temps, le phénomène ira décroissant ? Peu probable. En effet, si nous sommes parvenus à ce que 75% d’une classe d’âge atteigne le Bac, seule 42% de cette même classe d’âge aura un diplôme de l’enseignement supérieur. Outre qu’il y a là un gâchis terrible qui devrait interroger les responsables politiques, la question de la qualification de la population active française demeure entière.

Dès lors, quid de ceux, nombreux, à qui la formation initiale n’a pas permis d’acquérir une qualification ? Focalisons-nous sur une seconde chance – d’accès à une qualification – manifestement nécessaire.
Depuis combien de temps pointe-t-on dans d’innombrables rapports l’inefficacité des 30 Mds€ consacrés à la formation professionnelle ? Bien avant la naissance des générations Z, Y et peut-être X. A-t-on déjà essayé sérieusement de remettre en question le cadre légal et l’organisation en la matière ? Jamais. Les DIF, et surtout les CPF et autre CPA sont si complexes qu’ils sont des défis à l’intelligence.

L’objectif d’une remise à plat complète est simple : que chaque individu puisse se former une fois dans sa vie si la formation initiale lui a manqué. Les possibilités d’acquérir un nouveau métier et/ou de compléter sa formation découleront ensuite de la nouvelle organisation que nous aurons imaginée. L’Etat peut-il s’en charger dans le cadre d’un service public ? Peu crédible si on observe les résultats en matière d’orientation ou d’emploi. Le paritarisme ? Les résultats actuels ne plaident pas un statut quo en la matière. Il faudra donc inventer une autre organisation.

Impacts attendus : nous nous définissons largement à travers ce que nous faisons, notre métier. Cette seconde chance sera un acte significatif d’une société exigeante et bienveillante. Elle permettra une élévation du niveau moyen de compétences de la population active dont on peut légitimement espérer accroissement de l’activité, des emplois créés et de la productivité.

le projet de Jean Lassalle

Non classéle 1 février 2017Sans commentaire

Le côté « don quichotesque » de la campagne de Jean Lassalle masque un projet politique dont le contenu ne manque pourtant pas d’intérêt. Vous pouvez en prendre connaissance ici dans une synthèse autorisée.

Donner à la France une nouvelle dimension universelle, transformer notre société avec bienveillance

La France, berceau des droits de l’homme, la patrie des Lumières, celle qui a inventé la laïcité pour que les hommes puissent mieux vivre ensemble, doit se donner, au XXI siècle, une nouvelle dimension universelle.

Nos soldats seront retirés des champs de batailles africains, moyen-orientaux et asiatiques où ils mènent des combats qui ne sont plus les nôtres. L’inverse, nous investirons le champ déserté de la diplomatie et de la coopération internationale. Les ambassades françaises dans le monde deviendront des pôles de rayonnement de notre langue – la francophonie renaîtra -, de notre culture et de nos savoir-faire.

Cette ambition – trouver une nouvelle place dans le monde en cohérence avec notre histoire -nous essaierons de la transmettre à nos amis européens. Nous leur proposerons pour cela de coopérer à deux transformations  majeures des années à venir : nous donner les moyens de nous libérer de l’emprise du pétrole et du gaz en devenant autonomes sur le plan énergétique ; initier une nouvelle conquête de l’espace pour questionner l’immensité sur la solitude de l’humanité.

Notre pays, grâce à ces territoires d’outre-mer, ne voit jamais le soleil se coucher. Notre proximité à la mer nous donne accès aux ressources énergétiques illimitées dont la nature nous a comblé. La force marée motrice, le vent, le soleil sont abondants, et le savoir-faire de nos scientifiques permet aujourd’hui de stocker l’énergie ainsi produite. En quelques années, nous pouvons réaliser la transition énergétique que commande notre responsabilité vis-à-vis de notre planète et nous libérer de relations géopolitiques contraires à nos convictions.

Cette transformation énergétique éclairera un nouveau développement économique que nous voulons plus fraternel. La mondialisation est heureuse pour un certain nombre d’entre nous. Elle est triste pour trop d’entre nous. Elle est inquiétante pour beaucoup. Notre société s’est fissurée, elle menace de se fracturer si nous ne trouvons pas de nouveaux équilibres où les plus favorisés seront davantage soucieux et attentifs aux plus fragiles.

L’Etat et le personnel politique devront montrer l’exemple. L’Etat du XXIe siècle ne saurait être le même qu’au XXe. Il peut devenir un facilitateur du dialogue sur les territoires, et renforcer le rôle des communes et des maires. L’absorption des communes par des ensembles urbains toujours plus gros et technocratiques doit cesser pour retisser du lien avec ceux qui vivent sur les territoires dont nous avons besoin, et dont nous aurons besoin demain pour mieux vivre.

L’Etat ne peut être autre chose qu’un acteur bienveillant à l’égard des citoyens, alors même qu’une suspicion permanente semble gâter la relation entre le service public et l’usager. Faire confiance à nos concitoyens nous permettra d’alléger la bureaucratie.
Et cette confiance doit transparaître dans notre démocratie, pour en finir avec le sentiment la défiance et la haine à l’égard des élus. Acceptons la parole du peuple, quelle qu’elle soit. Reconnaissons le vote blanc comme un suffrage à part entière. Contraignons les élus qui ont perdu une élection à une période de réflexion et de retour au quotidien des français. Imposons aux parlementaire et ministres d’avoir été maire d’une petite commune avant de briguer d’autres responsabilités.

Nous retrouverons ainsi l’envie de faire ensemble. Un nouveau service civique sera proposé à tous les jeunes entre 18 et 20 ans. Il sera l’occasion de découvrir d’autres horizons, de partager leurs compétences, d’en acquérir certaines. Ceux qui le souhaitent pourront le faire au sein de l’armée, ceux qui en ont besoin pourront passer un permis si nécessaire pour être autonome.

Nous retrouverons confiance en l’Ecole, car la place de l’instituteur, du maître sera restaurée. Libéré du carcan bureaucratique imposé par l’administration, il sera rémunéré à hauteur de la confiance que nous lui accordons pour instruire nos enfants. A ceux qui sont déjà dans le secondaire et qui décrochent nous proposerons de passer plusieurs mois chez des petits artisans, commerçants et agriculteurs. L’Etat financera cette expérience pour 15 000 d’entre eux car nous sommes convaincus qu’elle donnera naissance à de nombreux emplois.

Un Etat bienveillant sur le marché du travail

Non classéle 30 janvier 2017Sans commentaire

Bien des sujets sont absents de la campagne présidentielle actuelle. Le marché du travail, ses graves lacunes et le rôle de l’Etat dans ce domaine est l’un de ces sujet. Si l’un des impétrants s’en préoccupait, voilà ce qu’il pourrait dire :

En premier lieu, nulle réflexion sur l’emploi ne saurait commencer sans préciser la réalité du chômage dans la société française. Outre la persistance du chômage de masse depuis plus de trente ans, l’échec des politiques sur le sujet se lit aussi dans l’effacement d’une partie de la population concernée.

Soyons lucides sur le non-emploi en France

Aux côtés des 6,5 millions de personnes inscrites et ventilées dans diverses catégories au sein de Pôle emploi, il faut aussi prendre en considération près de 2 millions de personnes qui sont, de facto dans la même situation. En l’espèce, environ 60% des jeunes inscrits dans les missions locales et 60% des personnes bénéficiaires du RSA qui ne perçoivent pas l’intérêt d’une inscription à Pôle Emploi pour revenir ou venir sur le marché du travail.

Dire que le chômage concerne en France 25% de la population active donne au sujet l’acuité nécessaire pour cesser de la considérer comme une fatalité dont le « modèle économique et social »français s’est accommodé.

Un Etat bienveillant valoriserait l’activité

Ce changement de regard doit nous permettre de changer la posture de l’Etat et de l’ensemble des services publics concernés. Qu’il s’agisse de bénéficiaires de l’allocation chômage, de l’ASS, du RSA, voire d’aucune aide particulière, la relation administrative des chercheurs d’emploi avec Pôle Emploi, ou autres services, est le plus souvent complexe, quand elle ne vire pas au kafkaïen.

L’impression générale est celle d’une méfiance à l’égard de l’usager. Par principe, soupçonnés de vouloir frauder, nos concitoyens confrontés à la réalité bureaucratique ne peuvent guère se sentir aidés par l’Etat. Or, la responsabilité de cette situation n’incombe pas aux personnels de ces institutions, mais à la complexité juridique que le législateur, les gouvernements successifs et les partenaires sociaux ont imposée. La bureaucratie est omniprésente dans les politiques de l’emploi.

Vous bénéficiez de l’allocation chômage et vous trouvez une mission de trois semaines ? Vous risquez fortement de perdre tous droits pendant plusieurs mois. Idem si vous êtes au RSA. Vous bénéficiez de l’allocation chômage et vous développez une activité comme auto entrepreneur ? Pôle Emploi vous diminue votre allocation sur des fondements juridiques très contestables. Mais peu nombreux ceux qui feront un procès à Pôle Emploi…

Le marché du travail produit de la précarité (88% des nouveaux contrats sont de court terme), mais l’Etat n’a pas adapté les règles à cette réalité.

Pour aider les gens, il peut faire – et ce serait un changement de paradigme fort – le choix de la confiance. Simplifions le cadre, permettons le cumul allocations-revenus (salaires ou prestations) et lissons le système sur une année ou deux. Une règle simple, claire incitant au travail et quelques contrôles pour sanctionner régulièrement les inévitables fraudeurs recréera un lien de confiance service public – usagers.

Impacts attendus : une fluidification du marché du travail permettant à davantage de personnes de rester sur celui-ci malgré la précarité des contrats ; une augmentation des revenus des plus modestes, simplification de leur quotidien ; une réduction des coûts pour la sphère publique.

Fort de cette nouvelle ligne de conduite – faciliter la vie des gens, faire confiance -, l’appareil public pourra se transformer pour initier de nouvelles politiques.

L’Etat lacherait la bride aux initiatives locales

Depuis longtemps maintenant (le cap des 1 millions de demandeurs d’emploi en 1976), nous avons choisi le « traitement social du chômage ». Le concept est matérialisé par les multiples mesures « d’accompagnement » des demandeurs d’emploi.

Délégué à Pôle Emploi, aux Missions locales, sous-délégué à une myriade d’acteurs associatifs, cet « accompagnement » est précisément modélisé par les pouvoirs publics. Longitudinal – on voit le demandeur d’emploi une fois tous les quinze jours (au mieux), mais en réalité une fois par mois, voire une fois tous les deux mois – cette approche consiste à orienter le demandeur d’emploi, d’un acteur à l’autre, pour lui bâtir un parcours d’insertion.

Malgré son insuccès patent, on ne change pas d’approche.

Les causes de l’échec sont multiples – institutions noyées sous la masse de la demande, missions floues, multiplication des dispositifs et moyens saupoudrés (une personne de – de 26 ans accompagnée vaut 450€ par an pour une Mission locale, un adulte demandeur d’emploi de longue durée vaudra 800€ par an en parcours d’insertion, etc. )-.

L’Etat demeure l’acteur central de ces dispositifs, convaincu que sa présence constitue une garantie. Toutes les collectivités locales participent, mais les innovations et les expérimentations sont quasi inexistantes.

Choisissons de décentraliser les actions en ce domaine, de s’appuyer sur les initiatives et idées de terrain des acteurs des territoires, et nous verrons que nous n’avons pas « tout essayé contre le chômage. »

A l’échelle des villes ou métropoles ou pays, laissons naître et grandir des expérimentations sur deux à trois ans et concentrons l’action de l’Etat sur la mobilisation des moyens financiers et le contrôle des actions.

Impacts attendus- le changement de paradigme sera porteur d’espoirs et de sens, apportera innovation et dynamisme à un écosystème épuisé par 20 ans de lutte stérile contre le chômage de masse, apportera des réponses adaptées aux tissus économiques locaux et redynamisera les marchés de l’emploi locaux.

Le Musée des Tissus à Confluence

Actualités, Non classéle 16 janvier 2017Commentaires fermés

Parfois, il convient de dire le bien que l’on pense d’une initiative de la majorité municipale et métropolitaine. A ce titre, nous soutenons la volonté de transférer le Musée des Tissus au sein du Musée des Confluences.

Cette perspective donnerait une fin heureuse et porteuse d’avenir à la situation difficile que connaît l’institution depuis plus d’un an.

Le sort du Musée des Tissus est incertain, depuis que le propriétaire des murs (CCI) veut vendre ce patrimoine. Il faudra d’ailleurs s’intéresser à l’avenir d’un tel bâtiment, classé, dans l’hyper-centre.

En 2016, sont créés un Comité scientifique et une association destinés à porter le Musée (4500 ans d’histoire du textile, un centre de recherche scientifique), mais aucune solution n’a émergé pour l’hébergement et l’exploitation du Musée. L’absence de la Ville de Lyon dans les derniers tours de table était inquiétante et regrettée par tous les acteurs publics et privés impliqués.

Dès l’annonce de la volonté de la CCI de se séparer des lieux, nous avions proposé le transfert du Musée des Tissus au Musée des Confluences.

Le symbole est fort : nous mettons à la pointe du quartier destiné à tirer la ville dans le XXIe siècle l’héritage de sa période « capitale de la soie ».
Il importe également d’optimiser un Musée neuf, ruineux en investissement et fonctionnement par un apport de 80 à 100 000 visiteurs par an.
Enfin, il est cohérent sur le plan scientifique et culturel car il permet d’enrichir le contenu d’un Musée assez pauvre de ce point de vue avec un ensemble qui inspire artistes et chercheurs du monde entier, avec une bibliothèque forte de 30 000 ouvrages et de nombreuses publications.
Soutenons cette idée et maintenons un haut niveau d’exigence à ce transfert, car nous nous avons à l’esprit la disparition des collections du Musée Guimet, jamais revenues de la lointaine capitale parisienne, ou le Musée de l’Hôtel-dieu dont la continuité longtemps promise a été discrètement abandonnée.

Eric Lafond

Combien de temps encore les +65 ans choisiront-ils notre avenir ?

Non classéle 14 décembre 2016Sans commentaire

Ils se sont massivement déplacés pour choisir entre Fillon et Juppé dans la primaire de la droite (43% des votants étaient des retraités). Ils avaient déjà largement contribué à la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007. Il était acquis depuis longtemps que cette partie de la population exerçait plus volontiers son devoir civique. Cela s’est accentué ces dernières années. 67% des retraités ont participé aux élections régionales, contre un taux de participation moyen de 50%, 76% aux municipales contre 61%. Dès lors, les retraités représentent 50% des votants alors qu’ils ne constituent qu’un tiers du corps électoral. Les partis politiques ont bien sûr appréhendé et intégré cette évolution. Les projets de Fillon ou Juppé sont nostalgiques des années 80 – et des réformes que la droite n’a pas faites à cette époque – et profondément conservateurs. Le message pour les retraités est simple : « notre modèle est le bon mais il coûte trop cher. Nous allons donc en réduire le coût en faisant porter ces efforts sur les actifs – réduction du nombre de fonctionnaires, réduction des cotisations sociales, grignotage comptable sur la sécurité sociale, etc. » Le PS et le FN sont malheureusement engagés à l’identique dans cette chasse aux voix du monde d’avant, et il est probable que 2017 ne voit aucune proposition de transformation économique et sociale davantage soucieuse des générations au coeur de la population active.

Une société peut-elle avoir des inactifs plus riches que les actifs ?

Les retraités sont en moyenne plus riches que les actifs. Sans précédent depuis les premiers âges de l’humanité, cette réalité se fait pour autant très discrète dans le débat public. Patrimoine (ce qui peut sembler logique), revenus (ce qui l’est moins), en moyenne les retraités dépassent les actifs dans tous les domaines. Établie dans les années 90, cette situation s’est amplifiée depuis, démontrant s’il en étant besoin, que le personnel politique au pouvoir depuis a privilégié cette partie de la population, sachant qu’il peut compter sur sa mobilisation électorale. Elle est pourtant mal connue de nos concitoyens, qui, par la vertu de quelques marronniers médiatiques,  continuent de penser que les personnes âgées sont plutôt pauvres et isolées. Or, bien qu’elle bouleverse le pacte intergénérationnel sur lequel était fondé le « modèle économique et social français », aucun projet politique significatif n’évoque le sujet.

Rééquilibrer le pacte social au bénéfice des actifs

Sans exhaustivité, quelques thèmes sont symboliques de la volonté de mettre, ou non, les actifs au coeur du débat public.

La réorganisation du système de retraite – intégrer le choc démographique consistant à passer de 4 cotisants pour 1 retraité (1960), à moins de 1.5 cotisants pour un retraité suppose d’autres approches que le simple report du départ à la retraite. Demander aux retraités les plus aisés de remettre au pot serait certainement difficile, mais l’idée est-elle à exclure ?

Parmi les autres options à explorer, l’unicité du système est incontournable. L’adaptation aux évolutions du monde du travail contemporain suppose un seul système, nonobstant le métier pratiqué, car nous en avons déjà changé et nous en changerons plusieurs fois. Ce qui signifie la fin de la césure public/privé et celle des régimes spéciaux.

La rénovation de l’Ecole de la République – enkystée dans des débats sans fin sur la rôle des profs et des parents, la réflexion sur l’Ecole est bridée par la nostalgie des générations d’après-guerre. L’alliance du plein emploi et de la méritocratie républicaine a figé l’organisation.

Il est l’heure de concevoir une nouvelle Ecole, – nombre de jours, rémunérations, formation initiale des enseignants, liberté de faire d’autres métiers avant ou après avoir enseigner, organisation des journées, numérique -, il faut tout changer pour un système d’instruction publique où chacun pourra donner le meilleur de lui-même.

La progression professionnelle sur d’autres critères que l’ancienneté – la création d’une seconde chance de formation est un impératif. Il concerne ceux sortis sans rien de la formation initiale et tous ceux que la mondialisation pousse à se reformer. En l’état, l’organisation de la formation professionnelle est une poire pour des soifs syndicales, elle est peu utile à la population active.

La société se tourne vers le passé quand l’avenir est auréolé de craintes. Nous avons besoin d’un projet de transformation économique et sociale, porté par la remise en question du vieux cadre des trente glorieuses et par de la bienveillance. Seule cette perspective donnerait des raisons objectives aux moins de 40 ans de prendre leur place dans le débat politique.

Financement illégal des partis, le prix de la démocratie ?

Actualitésle 14 décembre 2016Sans commentaire

Lundi 12 décembre, les Le Pen père et fille se voyaient notifier par le Parlement Européen une demande de remboursement de près de 500 000€. Il s’agit en l’occurrence des salaires d’assistants parlementaires … manifestement assignés à d’autres fonctions au sein de leur formation politique.

Le même jour la presse locale se faisait l’écho de la démission du chef de cabinet de Gérard Collomb à la Métropole de Lyon. Celui-ci rejoint à temps plein l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron. La Tribune de Lyon précise qu’il oeuvrait jusque là entre 50% et 70% de son temps pour ladite campagne… tout en étant salarié de la Métropole.

La coïncidence de ces deux situations éclaire les cuisines de notre démocratie, là où le regard du citoyen va rarement. Elle éclaire aussi les faiblesses et les insuffisances qui la fragilisent.

Qu’on ne tourne pas autour du pot : nous sommes confrontés là à des financements illégaux de formations politiques. Les règles sont en effet claires : les finances des partis politiques sont alimentées par le financement public (lié aux élections législatives), par les contributions des élus, les dons et adhésions des personnes physiques (ceux-ci étant plafonnés). Aucune exception n’est tolérée par la loi.

La pratique génère pourtant des zones floues. Ainsi des collaborateurs des groupes dans les assemblées locales dont tout le monde sait qu’ils sont amenés à travailler autant pour le groupe que pour le parti (pour autant que le groupe soit constitué sur cette base). A l’identique des attachés parlementaires, membres de cabinet et autres chargés de mission d’élus dont on sait que l’allégeance est double. Cette pratique est tolérée car … incontrôlable dès lors que les personnes s’attèlent à réaliser a minima les tâches auxquelles la rémunération est formellement affectée. Le cas des attachés parlementaires frontistes éclaire une exagération manifeste. A trop jouer en bordure de la zone floue, ils en sont manifestement sortis…

A l’identique pour le chef de cabinet du Président de la Métropole, dont on perçoit mal la corrélation avec le temps passé pour le compte d’un candidat déclaré à la candidature présidentielle, quand bien même le Président de la Métropole soutient ledit candidat.  Il y a là une forme d’appropriation personnelle des moyens consentis par la collectivité qui éclaire les dérives féodales de notre système politique.

En effet, ces actes de financement illicite, qui ne seront peut-être jamais jugés pour tels, doivent nous alerter sur l’état très dégradé de la démocratie française. Son fonctionnement repose aujourd’hui sur des partis exsangues (y a t-il encore 300 000 adhérents tous partis politiques confondus ?). Leurs ressources limitées les conduisent alors à user et abuser des zones floues du financement des partis politiques. Elles les conduisent aussi à freiner tout renouvellement du personnel politique – reconnaissance du vote blanc comme un suffrage exprimé, limite au renouvellement des mandats dans le temps, non-cumul strict, abaissement des plafonds de dépenses électorales, abaissement des seuils de remboursement, etc. -. La loi modifiant les règles relatives à l’élection présidentielle, votée conjointement par le PS et l’UMP, – publicité des parrainages, temps de parole à dimension variable – est de la même veine.  Rien ne doit exister à côté de ceux qui sont en place et vivent de la rente électorale.

Emmanuel Macron contrarie ce schéma. Le pourra-t-il jusqu’au bout ? Rien n’est moins sûr. A-t-il la volonté de transformer les pratiques politiques ? Sa discrétion sur les réformes nécessaires et son utilisation des pratiques illicites laisse à penser que non.

Faut-il faire avec ? Les partisans de M Macron argueront certainement qu’il faut se battre à armes égales avec les vieux partis. Le prix de la démocratie est-il de ne pas voir comment elle se fabrique ? Je ne le crois pas. Son prix est l’effort constant pour l’améliorer, donner les moyens à chaque citoyen de participer, et à chaque élu d’être exemplaire.

Où va Emmanuel Macron

Non classéle 22 novembre 2016Sans commentaire

Emmanuel Macron a donc annoncé qu’il était candidat à la candidature. A l’aune de ce que j’ai écrit précédemment, je pourrais considérer avoir fait fausse route. Pourtant, la lecture attentive de ses premières propositions, du fond et de la forme de son annonce de candidature, confirme l’illusion de la « refondation politique » affichée. En conséquence, cette annonce ne me paraît toujours pas sincère.

Les premières propositions, tout ca pour ca ? C’est trivial, mais ce fut ma réaction à la lecture des premières pistes (nationalisation de l’Unedic, autonomie des écoles primaires, etc.). Après avoir passé des mois à « marcher », à recueillir les avis des français, les premières propositions sont inconsistantes, même si un magasine comme « Challenges » considère qu’il s’agit d’une remise en cause révolutionnaire du modèle social.

Régulation du marché de l’emploi

Le marché de l’emploi dysfonctionne. Déséquilibre offres-demandes, mutation du marché, notamment par la révolution numérique, lourdeurs bureaucratiques de Pôle emploi et de la protection sociale, disparition statistique d’un grand nombre de concitoyens quand on mesure le chômage en France, 2nde chance par la formation inexistante. Tel est le constat. En réponse E Macron veut nationaliser l’Unedic, élargir les droits au chômage aux démissionnaires et aux indépendants pour, je cite, « faire de la protection face au chômage et de la formation professionnelle des prestations universelles ». On peut débattre autour de cette déclaration d’objectif, assez floue pour ne déplaire à personne. En revanche, les moyens proposés sont étonnement erronés. Enlever au paritarisme la gestion de l’allocation chômage pour la confier à l’Etat et lui laisser la gestion de la formation professionnelle, c’est ne pas voir le réel. Le système assurantiel français contre le chômage pâtit de sa bureaucratisation et de sa méfiance à l’égard de ses usagers, tous fraudeurs potentiels. Ce n’est pas en le passant sous la coupe de l’Etat que cela va s’arranger.  A l’inverse, la formation professionnelle pâtit du paritarisme qui en a fait son fromage, nonobstant son inefficacité complète pour la population active. La laisser entre ses mains est irresponsable et bien éloigné de l’objectif énoncé.

Moyens et autonomie pour l’École

L’idée de promouvoir une École « différenciée » rompt avec le mythe républicain de la même École pour tous. C’est une bonne chose de la dire dès lors que chacun s’en est rendu compte. Cet objectif s’accompagne d’une promesse de moyens et d’autonomie pédagogique pour les établissements des territoires défavorisés. Puis, paradoxalement, d’un engagement de refonte de la carte scolaire pour la rendre moins contraignante, …. qui balaie tout l’intérêt de la première partie du propos. Quels parents attendront les effets d’un changement au sein de leur école alors qu’ils pourront changer leur enfant pour une autre école ? Sur le reste du propos, l’ensemble du raisonnement d’E Macron est fragilisé par la référence au pourcentage d’une classe d’âge atteignant le Bac (86%). Il semble faire de cette situation un constat positif pour conforter l’organisation du collège et du lycée, écartant de fait les enseignements des comparaisons peu valorisantes avec les jeunes européens (test PISA). Outre qu’il ne s’agit pas de la mesure de ceux qui seront titulaires du Bac (78%, l’écart représentant 65 000 personnes par an), il oublie les deux échecs majeurs de notre instruction publique. D’une part, 10% d’enfants, chaque année, sortent du système scolaire, quasi illettrés. D’autre part, parmi ceux qui auront le Bac, à peine la moitié sera diplômée de l’enseignement supérieur. Voilà deux des gâchis de notre système éducatif, voilà une donnée qu’un candidat à la candidature présidentielle devrait connaître.

Si le fond est léger, la forme est très travaillée. La déclaration de candidature symbolise cette dualité. Quelques rares journalistes ont pointé la théâtralisation de la déclaration dans un lieu symbolique, un centre de formation et d’apprentissage, dans le 93, mais en l’absence des personnes concernées (apprenants et enseignants), et sans temps d’échanges avec eux. 200 journalistes, la privatisation d’un lieu public, aucun contact avec les usagers, on ne saurait faire plus clair comme symbole. A minima une erreur.

L’indépendance ou une OPA non amicale sur le PS ?

J’écrivais l’artifice de la démarche voici un mois et demi. Depuis, la recherche de parrainages ne semble guère initiée (hors qq sms aux parlementaires socialistes) et la collecte de fonds est difficile. L’Association de financement du parti l’Association pour le renouvellement de la vie politique – le nom initial – est devenue « l’Association de financement de l’association En Marche (AFEMA) ». Est-ce suffisant pour collecter le 20 millions nécessaires à une campagne présidentielle ? Comment s’affranchir alors des contraintes relatives à une campagne présidentielle ?

A moins que la démarche ne porte ailleurs. Considérant le resserrement du jeu électoral, pourront difficilement co-exister des candidats visant le même électorat (d’où les primaires) . Le calendrier de déclaration indique une volonté d’impacter celles-ci. Et de faire un pari sur le renoncement de François Hollande, et sur le chaos qui s’en suivrait pour la « primaire socialiste ». Un E Macron alors en campagne pourrait-il proposer au PS de le soutenir , lui apportant ainsi fonds et parrainages ? La présence de G Collomb et des « guérinistes » à Marseille à ses côtés préfigure alors une OPA des socialistes « pragmatiques » sur le PS.

Le temps court dans lequel Emmanuel Macron s’est inscrit (perspectives 2017) lui interdit un positionnement « contre le système ». Tout au moins de façon crédible. Dès lors, il lui reste la possibilité de s’appuyer sur lui pour en apparence le secouer, et c’est ce à quoi il s’est attelé.