Tribune – rapport Moreau, la nostalgie qui nous gouverne

Actualitésle 18 juin 2013Sans commentaires
Le rapport Moreau présente plusieurs axes de réformes à l’actuel système des retraites. Les réactions, nombreuses, des représentants politiques nationaux, ont insisté sur les points susceptibles de revivifier le clivage électoral gauche-droite (allongement de la durée des cotisations, hausse des cotisations, participation des retraités, modifications des régimes spéciaux, etc.).

Toutefois, qui a sérieusement lu ce rapport ? On relève peu ou aucun commentaire à propos des prévisions économiques sur lesquelles sont fondées ses prescriptions. Or, à se focaliser sur le constat – donc les effets -, on oublie les causes du déséquilibre de notre système des retraites, c’est à dire l’organisation économique qui le sous-tend, et le pacte générationnel qui fonde la société française depuis l’après-seconde guerre mondiale.

Le raisonnement du Conseil d’Orientation des Retraites se dessine à travers 3 scénarios emplis de nostalgie :

le 1er scénario fait état d’une croissance de 1.6 point annuel du PIB de 2011 à 2020 et un taux de chômage de 7.3%

le 2nd scénario fait état d’une croissance de 1.6 point annuel du PIB de 2011 à 2020 et un taux de chômage de 7.6%

le 3e scénario fait état d’une croissance de 1.6 point annuel du PIB de 2011 à 2020 et un taux de chômage de 7.8%

Il est utile de rappeler que le taux de croissance moyen sur les vingt dernières (1981-2010) années est de …1.89%. Considérant qu’en 2011, 2012 et 2013, ce taux de croissance est proche de 0, il faudra donc que le 7 dernières années de la décennie soient marquées par une forte croissance. Est-ce crédible ?

Le taux de chômage est encore plus significatif de la forme d’illusion ou de nostalgie qui frappe nos gouvernants. En pariant sur un retour à un taux de chômage que nous ne connaissons plus depuis … 1982, les auteurs du rapport ne manquent pas d’audace. Mais une audace stérile, car elle relativise surtout la pertinence du diagnostic sur les retraites.

Taux de chômage 1967-2005.

Ainsi, quelque soit la réforme qui sera proposée demain, son impact sera éphémère. Le sujet reviendra, dès 2017, donnant l’occasion d’une nouvelle passe d’armes bipolaire pour l’élection présidentielle. De fait, cette réforme – et le débat récurrent sur les retraites, contribueront encore à affaiblir la crédibilité des politiques auprès des français. On sait alors le risque que nous prenons, face à des électeurs tentés de « renverser la table ».

Il est temps de remettre à plat notre organisation économique et sociale. Sans chercher à désigner des responsables ou des boucs-émissaires aux échecs constatés, mais en proposant de nouvelles approches, de nouvelles solutions, et certainement un nouveau pacte générationnel.

Faciliter la création d’emplois en soutenant les petites et moyennes entreprises (innovation, reprise), les associations, est un des pans du nouveau modèle économique et social que ne devons faire émerger. Lyon peut être en pointe de ce mouvement, c’est une des priorités de la campagne municipale que j’ai commencée.
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