Pas de réforme du chômage : un symbole du « macronisme » ?

Actualitésle 2 mars 2018Commentaires fermés

Pendant la campagne présidentielle, E Macron promettait l’étatisation de l’Unédic, la protection universelle des chômeurs, une nouvelle protection pour les indépendants, de la liberté pour démissionner et un contrôle renforcé des chômeurs. Le gouvernement annonce ce jour qu’il renonce à tout cela au profit du statu quo.

Seuls les fans zélés du macronisme peuvent se satisfaire d’une capacité courageuse à reculer quand la proposition n’est pas viable. Les autres observateurs et acteurs politiques pointeront, légitimement, la légèreté, l’incompétence voire la démagogie avec laquelle ces promesses ont été faites. Plus grave peut-être, il me semble qu’il s’agit surtout d’une incompréhension de ce qu’est le marché de l’emploi aujourd’hui.

Rien de change alors que bien des réformes sont nécessaires :

- Pôle emploi est inefficace  – son intervention ne contribue qu’entre 9 et 11% des retours à l’emploi -, une réforme ambitieuse aurait remis à plat la mission « d’accompagnement à l’emploi ».

- les cotisations couvrent les frais de fonctionnement de Pôle Emploi (3Mds€) mais laissent sans ressource plus de 50% des inscrits. La politique de l’emploi étant de la compétence de l’Etat, il lui appartient de l’organiser et d’en assumer les coûts.

- les règles de l’assurance chômage ne sont pas adaptées à la réalité contemporaine de l’économie – flux tendu, contrats courts, temps partiels – et le cumul salaire-allocation est très complexe. Il est par ailleurs impossible pour les bénéficiaires du RSA ou de l’ASS. L’Etat contraint alors les demandeurs d’emploi à la pauvreté.

- l’immense majorité des chômeurs est peu ou pas qualifiée. En l’attente d’une « réforme de la formation professionnelle » – avec le même résultat que sur le chômage ?-, la seconde chance d’apprendre un métier, d’élever son niveau de qualification n’existe pas ; ce qui affaiblit lourdement l’économie française.

Ce maintient du statu quo éclaire éclaire l’incapacité à adapter, moderniser ou redéfinir le « modèle économique et social français ». Il fragilise pour le moins les promesses de « transformation »portées par E Macron. Comme un symbole de ce que porte le mouvement politique qu’il représente ?

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