Lyon (et les métropoles) peuvent-elles être l’avenir de la COP23 ?

Actualitésle 12 novembre 2017Sans commentaires

La COP23 est à Bonn depuis une semaine. Une nouvelle réunion est annoncée par le Président de la République en décembre prochain dans la continuité des accords de Paris. Pourtant, ces rdv ne masquent pas le constat d’immobilisme dans lequel se figent les États face au risque climatique. Les prévisions scientifiques les plus optimistes considèrent que l’augmentation de 2,5°C pourrait être un plafond. D’autres considèrent que les frontières d’un changement irréversible du climat ont déjà été franchies.

Faute de démarches onusiennes ou interétatiques porteuses de perspectives, il faut se tourner vers les initiatives unilatérales de certains Etats – ainsi, l’Inde interdira, à partir de 2030, la vente sur son territoire de tout véhicule à moteur thermique -. ou celles de grandes villes, voire d’entreprises.

Lyon n’est pas connue pour ses réponses en matière de développement durable ou de protection de l’environnement. Présente dans bien des classements comparatifs, elle est systématiquement absente de ceux relatifs à ce sujet.

Un tissu industriel favorable mais pas d’appétit politique

Pourtant, il est aisé d’imaginer que cette situation puisse changer. Depuis plusieurs années, le tissu économique lyonnais se distingue par l’émergence de solutions en matière de déplacements électriques. SITL, Courb, Moke/Burby’s, Navya…, et bien d’autres. Les difficultés et la disparition de certains de ces acteurs économiques au cours des dernières années sont le reflet d’une absence de stratégie « déplacements électriques » sur le territoire,

Les quelques bluely et la perspective d’avoir des vélos électriques en libre service d’ici 2020 ne peuvent plus longtemps masquer le manque de vision dans ce domaine. La mutation des moteurs thermiques vers d’autres types de propulsion (dont l’électrique) nécessite de bâtir des marchés propices, et les métropoles peuvent être des acteurs majeurs de ce changement. Déplacements individuels, transports collectifs, fret sont autant de domaines où l’impulsion publique locale sera décisive. Réglementer, produire de l’énergie, définir un prix du carbone sur le territoire sont autant de leviers pour l’action politique.

Quelques opposants récurrents aux véhicules électriques renvoient le débat aux sources de ladite énergie électrique, et notamment au nucléaire. Ils n’ont pas complètement tort. La question énergétique est au cœur du sujet d’une stratégie déplacements électriques pour la Métropole. La Métropole est un territoire qui peut favoriser la production d’énergie – biogaz notamment -, de micro-énergie (capteurs et récupérateurs en tout genre), et d’économiser la consommation énergétique dans le bâtiments.

En produisant lui-même de l’électricité, le territoire peut permettre à des infrastructures (éclairage public) de fonctionner de façon autonome et alimenter un réseau de bornes pour structurer des déplacements électriques.

Outre l’enjeu environnemental qui se situe à l’échelle internationale et peut donc paraître abstrait et lointain, une telle stratégie comprend un objectif de santé publique – réduction des particules fines et du bruit – et un enjeu économique/industriel. L’avance dont dispose le territoire, la proximité d’industries et d’universités/écoles de haut niveau sont autant de facteurs qui font de la région lyonnaise un leader potentiel. Une opportunité rare qu’il ne faudra pas rater.

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