Les cantonales, l’effondrement des partis traditionnels.

Actualitésle 11 avril 2011Commentaires fermés

En France, et dans le Rhône, la comparaison entre les cantonales 2004 et 2011 montre une baisse significative des électeurs du FN (-15% pour le Rhône). Dans le même temps le vote pour les partis traditionnels s’est effondré.

Je ne crois pas que nos concitoyens soient devenus, ou soient en passe de devenir massivement, xénophobes, sectaires ou adeptes d’un pouvoir fort, fascisant. En revanche nombreux sont ceux qui ne croient plus en la capacité de la politique et des élus à changer leur quotidien, à améliorer leur vie et notre société. 40%, si on en croit le rapport du médiateur de la République, pensent que les élus les ont abandonnés au profit d’intérêts personnels.

Par ailleurs, en observant de près le vote pour le parti d’extrême-droite, on constate qu’en France il s’est le plus développé dans les départements de la Moselle (16 qualifiés au 2nd tour sur 24 cantons), du Gard (11/20) et du Nord. Or il s’agit aussi des départements où les taux de pauvreté et le chômage sont plus élevés que la moyenne nationale. Ne pas voir qu’il y a un lien entre ces deux informations serait une erreur.

Aussi ne faut-il pas se tromper sur l’analyse que nous faisons de ces élections cantonales. Entre absence d’espoir et désillusion le terreau démocratique français est en train de sérieusement s’appauvrir. Cela peut sembler des conditions facilitant l’arrivée d’un régime peu ou pas démocratique. Mais ne jouons à nous faire peur car le risque est en réalité faible tant que, dans son ensemble, la société française vit plutôt bien. Les classes moyennes, inquiètes, considèrent que la solution ne viendra pas du politique mais ne détestent pas les élus. Car elles ne sont ni désespérées et ni sans perspective.

Il est pourtant nécessaire d’agir. Si ces résultats électoraux doivent déclencher quelques chose, ce sont des politiques locales nouvelles, des décisions qui impactent la qualité de vie quotidienne. La seule attente fébrile des présidentielles ne suffira pas à ramener les électeurs vers les partis politiques modérés. A Lyon, les cantons du 8ème arrondissement doivent donner lieu à des efforts et des expérimentations. Par leur vote, un geste pacifique, les gens l’ont demandé à tous ceux qui s’investissent en politique.

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