L’école a besoin d’une révolution

Actualitésle 29 mai 2015Commentaires fermés

Les programmes à défaut d’avoir d’autres idées

La Ministre de l’Education Nationale a raison de pointer le culot de l’UMP dans les critiques qui lui sont adressées. Le bilan de cette formation en matière d’instruction publique – après 12 ans de pouvoir – est calamiteux.

Toutefois, le remède imaginé par le gouvernement autour d’une formule « +de profs, un peu de rythmes scolaire, quelques changements de programmes » n’est guère plus qu’un placebo. Les médias bruissent d’éditos, de tribunes et de pétitions dénonçant ou affirmant la « réalité » de la réforme, éclairant en cela l’incapacité des acteurs concernés à jouer un jeu sincère.

Et c’est bien là le drame du débat politique, sur ce sujet comme certainement sur d’autres. Les solutions imaginées dans les partis ne sont guère différentes et beaucoup – si ce n’est tout – devient une question de postures et de communication.

En moyenne, les élèves de notre Ecole comprennent moins bien les textes, les exercices mathématiques, les concepts scientifiques qui leur sont proposés. Chacun peut relativiser – les classements, les études, les multiples ouvrages sur le sujet – mais la réalité est palpable.

Si on admet que le progrès de notre société repose sur un accès amélioré aux savoirs et aux connaissances, il y a là une contradiction que l’on doit résoudre.

Les critiques de notre système d’instruction publique sont nombreuses et viennent de toute part. Le manque de moyens est une critique majeure, et il ne manque pas d’arguments. Ainsi du montant constant en % du PIB que constitue la dépense éducative depuis 15 ans, alors que la dépense publique n’a cessé d’augmenter. Mais qui n’a pas le sentiment que l’argent ne résoudra rien, tant qu’une autre organisation ne sera pas proposée ?

Il est reproché à l’Ecole de se libéraliser. Mais il n’y a rien de libéral à voir fonctionner une instruction publique séparant de plus en plus ceux qui disposent d’un capital savoirs/connaissances/qualifications fort et les autres (cours particuliers, écoles privées dont la fréquentation est en hausse constante).

Dès lors, qui peut penser que les quelques ajustements proposés autour des langues, fussent-elles mortes ou vivantes, changeront l’école ? S’il est commun de penser que la « réduction des inégalités » est une priorité supposée du PS, il n’est pas interdit de considérer que celle-ci est en fait totalement occultée par la crainte du changement.

Cette Ministre, comme tant d’autres avant elle, pourra se targuer d’avoir fait une réforme. Alors que l’heure est à la remise à plat complète de notre système d’instruction publique. Qui parle aujourd’hui d’extension massive de nombre de jours d’école ? De réorganisation des collèges et des lycées dans une logique campus, c’est-à-dire ouverts toute l’année ? D’intégration aux lycées des autres acteurs de la société disposant de savoirs – association, entreprises, ONG -. De la révolution numérique de l’apprentissage avec les tutoriels et les cours en ligne permettant l’autoformation ?

C’est une révolution, pacifique, fondée sur l’intelligence et la bienveillance, dont a besoin notre système d’instruction publique. Il n’y a malheureusement aucune formation politique pour la proposer.

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