Le blocage des prix de l’essence, symbole d’une difficulté à entrer dans le monde moderne

Actualitésle 29 août 2012Sans commentaires

Depuis la campagne présidentielle, bloquer les prix de l’essence à la pompe est devenu un argument de la politique économique et sociale du PS. Si elle se transforme finalement en une modération de la taxe sur les produits pétroliers (dite taxe intérieure sur la consommation de produits énergétique), l’idée éclaire cruellement le manque de modernité des hommes et femmes au pouvoir.

Au préalable il convient d’expliquer que le prix du carburant n’est pas autant fiscalisé que ce qu’il est de bon ton de croire. Cela fut vrai, mais cela ne l’est plus. Cette fiscalité est constituée partiellement de TVA et de la taxe intérieure, mais cette dernière est indexée sur le volume de consommation  ; et son rendement baisse avec la hausse des prix. Dès lors la part fiscale ne représente que 60% du prix, ce qui nous place dans la moyenne européenne. La taxe n’est donc plus la poule aux oeufs d’or d’antan pour le gouvernement, ce qui, par conséquent, l’empêche aussi de bricoler à l’ancienne le taux de celle-ci.

Cette complexité fiscale reflète celle du système fiscal français dans son ensemble. La focalisation de l’opinion sur le prix de l’essence aurait pu être l’occasion d’une réforme majeure, au moins dans le domaine énergétique. Vous trouverez d’ailleurs quelques experts qui se sont lancés dans l’exercice. Mais, à l’image des premiers mois de la présidence Hollande, point de réforme à l’horizon.

La baisse de quelques centimes mise en avant par le gouvernement au motif d’une politique sociale coûtera à la collectivité et sera sans effets notables. Faudra-t-il que l’Etat octroie des chèques essence aux ménages les plus modestes ? Ce serait la conclusion logique mais fausse d’un débat démontrant que le problème n’est plus fiscal mais social.

Et au final il s’agit bien davantage d’un enjeu énergétique pour la société française. De notre dépendance à un produit qui sera inéluctablement plus cher demain ; et face à  cette dépendance il n’y a manifestement pas de projets ou de réponses à long terme esquissés par nos gouvernants.

S’il s’agit concrètement de maintenir une liberté de déplacement pour des personnes habitants en territoires « rurbains » ou rurales nous devons chercher des solutions nouvelles. Les transports en commun ne seront pas la réponse, en raison de la faible densité d’habitants. C’est donc vers des véhicules individuels ou semi-individuels autrement motorisés qu’il faudra se tourner.

Rappelons nous les mesures préconisées voici quelques semaines pour « sauver » l’industrie automobile, et notamment la prime de 7000 € aux véhicules électriques. Imaginons que la puissance publique initie des parcs de véhicules (deux, trois ou quatre roues) électriques en libre service sur des territoires peu urbanisés. Elle deviendrait le premier client du tissu industriel innovant qui existe en France sur ce secteur et apporterait une réponse pour maintenir la liberté de déplacement de nos concitoyens éloignés des centres villes.

Des solutions existent, encore faut-il les chercher.

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