la dernière capitulation du centre

Actualitésle 27 juillet 2015Commentaires fermés

Ce sera donc en Rhône-Alpes. Là où cette famille politique fut si puissante. Là où la modération, la recherche de compromis équilibré étaient perçus comme des vecteurs d’avancées économiques et sociales.

Celui à qui la tache avait été confiée – mener une liste autonome au centre – aurait pu devenir une référence pour les centristes, les modérés et les nombreux insatisfaits du clivage électoral actuel. Il a, rapidement, choisit le ralliement. Le fait que Michel Mercier ait été dans les coulisses de cette démarche en dit long sur son honnêteté intellectuelle.

Mais, finalement, l’assujettissement de la liste Modem à une droite conservatrice, traditionnelle et sans idée, est plus significatif par sa forme ; qui éclaire la capitulation intellectuelle du centre.

Un discrédit de la parole publique

Quand on affirme le 27 avril « qu’il n’y aura pas d’alliance avec l’UMP », conclure une telle alliance le 24 juillet décridibilise l’auteur et sa parole publique. Plus encore, quand on déclare mi-mai « à notre droite, il y a un discours ultra-clivant qui prête le pas aux rassemblements homophobes, europhobes et islamophobes ». La radicalité de la critique est un choix, mais les mots ont un sens. On ne peut pas faire comme si tout cela n’avait pas existé. Sauf à vouloir simplement faire parler de soi. Sauf à prendre ceux qui écoutent pour des poissons rouges.

Ce faisant, on entretient le discrédit de la classe politique et on fait le lit de ceux qui la disent corrompue et hors-sol.

A contre-courant de l’Europe

En 2015, les élections hollandaises, finlandaises, britanniques, espagnoles, grecques ou danoises ont confirmé ou vu émerger un multipartisme porteur de propositions différentes et surtout d’une participation substantielle. La France d’après les élections départementales s’enferme dans un tripartisme stérile et à faible légitimité. C’est un symptôme de l’agonie du centre que de voir ses dirigeants si éloignés des évolutions européennes.

Sans imagination et éloigné du réel

Perte de confiance dans les institutions et chômage de masse sont les réalités de notre époque. Plus que jamais, nous aurions besoin d’idées neuves, d’actes courageux, d’initiatives a priori vouées à l’échec. Histoire de démontrer que l’acquisition d’un strapontin ou d’une petite rente ne saurait être un objectif politique.

A l’heure où nous avons besoin de liberté face aux carcans bureaucratiques et l’inertie de l’acteur public, où nous avons besoin de solidarité face à la mutation économique en cours, d’imagination dans un monde en profond changement, ….on se réfugie chez Wauquiez, Pecresse, Estrosi, Peltier, etc. Qui ne voit pas là une contradiction mortifère ?

Que se passera-t-il maintenant ? Peut-on encore accepter une campagne électorale indigne (après les présidentielles, les européennes et les départementales) ? La démocratie est confisquée par un quarteron de partis épuisés.

Nombreux sont nos concitoyens souhaitant idées neuves et comportements nouveaux en politique, peut-être est-ce le moment pour eux de ne plus subir.

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