communiqué – compétitivité, l’incompréhension économique perdure

Actualitésle 7 novembre 2012Sans commentaires

L’annonce des mesures destinées à renforcer la compétitivité par M Ayrault confirme une analyse erronée de la situation économique et la difficulté à concevoir des réformes de notre « modèle économique et social ». Elle est à ce point erronée qu’elle n’est pas cautionnée par les économistes proches du PS comme Thomas Piketty. Elle reflète une lecture vieillissante de l’économie, comme en témoigne les commentaires du député PS lyonnais M Muet. Enfin, elle démontre un manque d’exigence quant à l’utilisation de l’argent public car le ratio coût/efficacité des mesures n’est pas acceptable au regard de notre dette publique.

La création d’un crédit d’impôt visant à alléger les charges sociales sur le travail est une poursuite de la politique menée depuis 1993 (allègements Fillon). Le pari selon lequel cette baisse du coût du travail sera constitutive de la création de milliers d’emplois n’a pas fonctionné la première fois. Les études a posteriori des économistes l’ont invalidé. Ce pari peut-il fonctionner aujourd’hui ? Il y a peu de raison d’y croire.

De plus, le coût de ce pari est-il raisonnable ? Ce crédit d’impôt de 20 milliards d’€ a pour conséquence attendue la création de 300 000 emplois ; la simple utilisation d’une calculatrice établit à 66 700 € le coût par emploi crée, un coût complètement démesuré pour la collectivité. Nous devons concevoir une utilisation de l’argent public plus efficace.

Par ailleurs, la mesure annoncée est censée concerner toutes les entreprises. Ce souci égalitariste est touchant. Mais il ne reflète pas notre environnement économique. Lors des vingt dernières années, les 4/5e des emplois créés en France (2,3 millions sur 2,8) l’ont été par des petites et moyennes entreprises. Dès lors que les grandes entreprises ne créent plus véritablement d’emplois en France (elles le font ailleurs), pourquoi imaginer un dispositif dont mécaniquement elles seront les premières bénéficiaires ? C’est, à l’inverse, d’outils nouveaux, dédiés au tissu des petites et moyennes entreprises dont nous avons besoin.
Enfin, un nouveau dispositif fiscal, c’est davantage de complexité dans un environnement réglementaire déjà surchargé. La remise à plat du système fiscal un temps évoqué dans la campagne présidentielle semble déjà oublié. Or, il est certain qu’une simplification des dispositifs fiscaux, administratifs, sociaux constituerait en tant que telle un soutien à la compétitivité et une source d’allègement de la dépense publique.

Et sur ce dernier point, malgré le discours du premier ministre semblant vouloir ouvrir un chantier en ce sens, on ne voit pas d’inflexion aux déclarations du Président de la République de début septembre. Le gouvernement ne semble pas en mesurer d’établir une hiérarchie dans la dépense publique, de faire des choix et donc des réformes sur le périmètre d’intervention de l’Etat.

Est-ce une problème générationnel, un manque d’hétérogénéité dans les parcours professionnels des gouvernants actuels, une lecture du monde obsolète ? Toujours est-il que les gouvernants et parlementaires PS ne sont pas en phase avec la réalité de notre environnement économique, et c’est inquiétant pour les années à venir.

Eric Lafond

www.eric-lafond.fr

contact presse : 06 35 15 03 19

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