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Chômage, manipule-t-on les chiffres ?

Actualitésle 15 octobre 2016Commentaires fermés

Fiabilité et Sincérité des chiffres de Pôle Emploi ? La Commission d’enquête sénatoriale, en posant cette question, semblait vouloir marquer les esprits.

Si l’hypothèse de la manipulation est d’emblée écartée par les sénateurs, ils parviennent toutefois à la conclusions que « ils ne sont pas à eux seuls – les chiffres de Pôle Emploi – un indicateur fiable et pertinent du chômage. »

Hourra, serait-on tenté de dire !!

Enfin, des responsables politiques s’attachent à comprendre en détail la réalité qui mine la société française – le chômage de masse – depuis plus de 20 ans. Fort de cette découverte, les parlementaires préconisent une approche différente des chiffres du chômage. Celle-ci devrait à l’avenir prendre en compte, non seulement les chiffres de Pôle Emploi, mais aussi le « halo du chômage », soit environ 1.5 millions de personnes.

La conclusion du rapport est toutefois moins enthousiasmante. Toute d’abord, on aurait pu attendre des sénateurs qu’il nous renseigne sur l’état des lieux réels. Forts de leur nouvelle compréhension de la situation, que ne nous dévoilent-ils pas la réalité du non-emploi en France ? Le chiffre, 8 millions, ferait-il peur ?

Ensuite, quels enseignements tirés de cette nouvelle lecture ? En basculant dans un examen des politiques de l’emploi menées en Grande-Bretagne et en Allemagne, les sénateurs évitent soigneusement le sujet. Outre la sempiternelle proposition d’une organisation annuelle des « Assises de l’Emploi » et l’augmentation des moyens octroyés à l’administration (Dares) en charge des études, rien de neuf ne sort donc de cette commission.

Comment imaginer trouver des solutions politiques lorsqu’on ne connaît pas la réalité du sujet ? Nous avions décrit voici  3 ans maintenant cette réalité. Le taux d’emploi permet de bien lire la situation du non-emploi en France. Inférieur à 2/3 de la population active, il explique notre endettement et l’effondrement de notre « modèle économique et social ».

Cette Commission sénatoriale marque une légère inflexion sur le diagnostic. Elle s’était ouverte, il est vrai, aux suggestions/contributions des citoyens, et peut-être cela a-t-il contribué à ouvrir les yeux des parlementaires sur le réel.

Toutefois, dès lors qu’il est établi que le non-emploi concerne près de 8 millions de personnes, sur les 28.5 millions de la population active (15-64 ans), soit 28% de la population active, comment en rester là ?

Personne ne manipule les chiffres. Mais manipule-t-on les esprits pour empêcher une remise à plat – qui ne serait autre que salutaire – des politiques initiées depuis 30 ans ?

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