2018, des réponses inédites?

Actualitésle 12 janvier 2018Commentaires fermés

2018, un vœu pour une métropole au rayonnement assumé

Les enfants scolarisés et sans abri, les réfugiés ou demandeurs d’asile éclairent les limites actuelles du « rayonnement de la Métropole lyonnaise ». Ils pourraient constituer pourtant l’occasion d’affirmer une éthique de la prospérité qui donnerait un nouveau sens à l’engagement politique.

Depuis plusieurs mois, des parents d’élèves alertent Mairie et Préfecture sur la situation d’enfants scolarisés mais sans abri. Entre 150 et 200 selon les estimations. En posant la question – comment Lyon ne trouve-t-elle pas une solution rapide pour 200 enfants ? – on hésite entre gêne et sidération.

Les complexités administratives sont mises en avant. Le point est incontestable. État, Département, Métropole, Ville, tous sont tout ou partie compétents dans ce domaine, mais jamais seuls. La définition des limites de responsabilité de chacun mobilise alors l’essentiel de l’énergie des acteurs. Le constat est déshumanisant et il est certain que lesdits acteurs seront choqués de lire ces lignes, mais le réel est-il si différent ? A minima, ne manque-t-il pas une volonté politique chez les uns ou les autres pour d’abord trouver une solution, puis régler la question des compétences ?

L’inertie a toutefois des causes plus profondes. Depuis la célèbre phrase d’un premier ministre de gauche, supposée en référer au réalisme de celle-ci, s’est diffusée la conviction politique que des mesures trop favorables aux réfugiés et autres demandeurs d’asile créeraient un appel d’air peu souhaitable. L’actuel Ministre de l’Intérieur l’a rappelé sans gène cet été à plusieurs reprises. Comment ne pas voir cette conviction à l’oeuvre dans la situation des mineurs sans abri à Lyon ?

Faut-il critiquer cette situation ? Incontestablement. Les responsables politiques lyonnais se qualifient trop souvent d’humanistes pour ne pas, de temps en temps, se voir évaluer à l’aune de cette valeur. Mais on doit aussi s’extraire d’un débat trop simpliste et comprendre pourquoi il importe de se saisir de ces sujets.

Pas de rayonnement sans réfugiés

La présence de réfugiés/demandeurs d’asile à Lyon est l’autre facette de l’attractivité de la ville. Le « rayonnement »est l’alpha et l’oméga de toutes les politiques publiques menées ici. Nos élus, comme beaucoup de lyonnais, sont flattés et fiers de voir la ville figurer dans les nombreux classements relatifs à l’attractivité ou la qualité de vie. La présence de réfugiés souhaitant bénéficier de cette dernière n’est pas surprenante. Revers de la médaille ? Peut-être. Considérer que nous pourrions avoir l’attractivité sélective serait d’une grande bêtise.

Les métropoles sont les lieux où se créent les richesses, car elles concentrent matières grises, capitaux et infrastructures. N’est-ce pas le lieu aussi où doivent émerger des solutions nouvelles à des problèmes anciens et récurrents ?

Une responsabilité particulière naît de la prospérité, quand bien même celle-ci serait méritée. Notre héritage judéo-chrétien nous y invite. Nos convictions républicaines nous l’imposent.

Cette éthique de la prospérité peut guider la politique menée au sein de la Métropole. Les difficultés rencontrées constitueraient alors des catalyseurs pour faire émerger des solutions nouvelles.

En l’espèce, nous pourrions aisément bâtir des habitats temporaires (et réutilisables) de qualité, à base de conteneurs ou de bois – le territoire dispose d’ailleurs d’entreprises leader sur le sujet – et expérimenter de nouvelles approches visant à favoriser l’intégration – langue, culture, codes sociaux – là où l’État a si souvent échoué ces dernières années. Seule la volonté de faire manque aujourd’hui.

Souhaitons-nous pour 2018 cette volonté et cette éthique de la prospérité. Elles redonneront du sens à l’engagement politique.

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