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Rentrée scolaire, abandon de l’ambition scolaire ?

Actualitésle 20 septembre 2014Commentaires fermés

En 2000, l’Union Européenne se donnait pour objectif de bâtir la plus grande économie de la connaissance. En 2007, un certain candidat à la présidentielle évoquait le développement de la société et des individus par le partage et la connaissance, se faisant alors le promoteur d’une société du savoir et de la connaissance.

Avons-nous encore quelques ambitions collectives en ce domaine ?

La rentrée scolaire et la mise en oeuvre de la réforme dite « des rythmes scolaires » m’inspire cette interrogation en forme d’inquiétude. A l’occasion des municipales, nous avions évoqué les opportunités, les chances, qu’offrait une application réfléchie, ambitieuse de cette réforme. Nous avons constaté que le sujet n’intéressait guère les autres candidats. A l’identique, manifestement, les électeurs n’étaient pas très attentifs. Quand certains parents ont réagi, en mai-juin, il était trop tard pour infléchir le pente naturelle prise par l’équipe municipale.

Les temps dédiés aux activités péri-scolaires sont animés par des personnes dont on a souhaité s’assurer qu’elles étaient bien titulaires d’un Bafa. Personne ne s’offusquera si je rappelle ici que ce brevet n’a jamais attesté d’une capacité à transmettre une quelconque connaissance. L’enjeu est donc d’animer et de surveiller des enfants pendant 3 heures – fabrique de bijoux et autres objets, jeux de ballon et « jacques a dit » ; une garderie améliorée en somme. Un peu de sport égaillera le dispositif, mais la pénurie d’infrastructures limitera l’impact.

Aucune volonté de découverte et d’ouverture au monde ne transparaît dans les contenus avancés. Aucun innovation pour réouvrir l’envie d’apprendre aux enfants en difficulté. Pourtant, Lyon présente pléthore de savants, d’universitaires – cf la fête de la science – susceptibles de venir transmettre leurs passions aux enfants. A l’identique de métiers, de conteurs, d’artistes qui pourraient ouvrir les horizons des enfants et leur inspirer de nouveaux centres d’intérêts.

Rien de tout cela. Moins de 60% des enfants demeurent à l’école les vendredis après-midi. Ceux qui le peuvent fuiront la garderie améliorée pour d’autres activités plus attractives. D’autres laisseront leurs enfants livrés à eux-mêmes.

Nous avons manqué une occasion de donner plus de chance de réussite aux enfants. Plus de 30% des nouveaux collégiens sont en difficulté scolaires, (dont 12% sont déjà en retard d’un moins un an).

Nos dirigeants politique nationaux ont abandonné depuis longtemps toute ambition en ce domaine. Lyon pouvait faire mieux. Cela ne sera pas le cas cette année.

Nous avons quelques mois pour convaincre que l’approche choisie est erronée et préparer une nouvelle rentrée pour 2015.

Une seule indemnité pour tout mandat

Actualitésle 20 septembre 2014Sans commentaires

Le « tous pourris » est une vieille rengaine de l’extrême droite. Des faits individuels l’alimentent régulièrement ces dernières années – avec une accélération ces derniers mois. Les appels à la moralisation ne convainquent jamais vraiment, soit que leurs auteurs manquent de crédibilité, soit que les électeurs pensent que c’est inéluctable ; nouveau symptôme de la démission du peuple dans notre démocratie.

Sortir de l’ancien monde et imaginer/bâtir une nouvelle société suppose aussi remettre en question notre rapport à la représentation politique. La IIIe république avait consacré l’idée d’un corps social de notables (médecins, instituteurs, curés, avocats) qui exerçaient les mandats politiques, forts de leur statut et du temps qu’il leur octroyait. la IVe poursuivait en cette voie et consacrait les partis comme machine à fabriquer des élus. La Ve république, à partir des années 80, imposé l’idée qu’être élu est un métier comme un autre, qu’il faut faire carrière pour être sérieux et connaître son sujet. N Sarkozy fera sauter le dernier verrou – en augmentant substantiellement l’indemnité du chef de l’Etat – ; la carrière politique doit permettre aussi de s’enrichir.

Pour amorcer un changement profond dans notre société, pourquoi ne pas commencer par affirmer que l’engagement politique peut et doit être neutre financièrement. Pour convaincre du changement, des réformes, des mutations à réaliser, il est impératif que les élus montrent l’exemple ; et cette exemplarité ne saurait être dénuée d’une part d’effort.

Une seule indemnité que l’on soit Chef de l’Etat, ministre, parlementaire, président de collectivités locales ou maire d’une grande ville, tel pourrait être le symbole de cette exemplarité. Considérant que l’essentiel des frais quotidiens (représentation, déplacements, etc.) sont pris en charge, fixer cette indemnité à 5000 € me paraît raisonnable. A 3 fois le salaire médian (un peu plus de 2 fois le salaire moyen), elle ne dévalorise pas la fonction élective et écarte la perspective de l’enrichissement.

Associée au non-cumul de mandat et une la transparence exhaustive des frais, cette proposition constitue un premier pas vers une nouvelle société, où nous pouvons avoir l’espoir que la représentation politique s’exerce avec plus d’implication, de talent et d’humilité.