Archive for novembre, 2012

Parlons un peu d’économie – lettre ouverte aux Députés du Rhône

Actualitésle 30 novembre 2012Sans commentaires

Je préfère la loi à la morale

Actualitésle 18 novembre 2012Sans commentaires

La crise économique et sociale relativise, affaiblit, la portée du débat sur le droit au mariage et/ou à la l’adoption pour les couples homosexuels. Pourtant, le sujet mobilise et il y a longtemps que nous n’avions pas vu les arguments se faire face et s’exposer dans la rue, ce qui marque l’importance du sujet.

En observant les manifestations de pro ou anti, je constate cependant que nous attendons souvent de la loi qu’elle joue un rôle qui n’est pas le sien.

Les uns considèrent qu’un enfant ne devrait grandir qu’avec un parent homme et un parent femme, dans l’altérité. Cette conviction est respectable, et reflète un idéal de société, ou chacun serait membre d’une famille unie et aimante, de sa conception à sa fin. La loi doit-elle être le reflet ou l’outil de cet idéal recherché ? Je ne le crois pas. Cette conception de la loi pourrait en effet nous confronter à bien des contradictions face aux réalités sociales, notamment celle des familles monoparentales. Ces mêmes réalités, aussi modestes et minoritaires soient-elles, nous font constater que des couples homosexuels élèvent de fait des enfants. Sans que leurs droits et devoirs vis-à-vis de ces enfants soient établis. La loi doit-elle organisée au mieux les rapports sociaux, pour favoriser le vivre ensemble, les droits individuels et les devoirs de chacun vis-à-vis des autres et de la collectivité ? Je le crois. C’est à ce titre que la loi doit organiser l’homoparentalité, pour définir les droits et responsabilités nécessaires à la protection de l’enfant.

Les autres considèrent qu’ils ont un droit au mariage, au nom de l’égalité et des droits de l’homme. Cette conviction est respectable, et reflète un idéal égalitaire où rien ne saurait justifier de refuser à un individu un droit dès lors qu’il existe pour un autre. La loi doit-elle être le reflet ou l’outil de cet idéal ? Je ne le crois pas. Dans la plupart des sociétés, le mariage a un caractère juridique et rituel (religieux et profane). La notre n’échappe pas à cette dualité, et ceux pour qui le mariage est important sont notamment attachés au rituel religieux. Leur croyance est respectable. Pour favoriser le vivre ensemble, la loi ne saurait bafouer cette croyance. Dans le même temps, il convient de reconnaître la volonté des couples homosexuels de s’engager l’un vers l’autre, de faire naître entre eux des droits et devoirs équivalents à ce que les couples hétérosexuels décident de faire. C’est à ce double titre que la loi doit établir une solidarité (union civile) aussi large que possible aux couples qui le souhaitent, tout en respectant ceux pour qui le mariage est plus qu’une union juridique.

La loi est l’exercice suprême et délicat de la démocratie. Elle ne saurait être l’expression d’une morale ou d’un idéal, aussi respectable que soit celui-ci, car mécaniquement elle en bafoue d’autres. La morale ou l’idéal est ce qui conduit l’engagement individuel, la vie quotidienne de chacun. Cela se partage, mais cela ne s’impose pas. La loi nous permet de vivre ensemble, de coexister, de partager. Le débat politique entretien souvent la confusion entre l’un et l’autre ; j’ai depuis longtemps choisi de préférer la loi à la morale.

communiqué : fin de la grève, … début de la réforme ?

Actualitésle 17 novembre 2012Sans commentaires

La seconde grève des cantines en deux ans aura au moins permis d’éclairer le caractère complexe, lourd, inefficace, et donc très coûteux pour la collectivité, de l’organisation mise en place par la ville.

La grève est terminée et nous en sommes satisfaits pour les enfants et les parents. Ce service public local demeure toutefois insuffisamment accessible et de nombreuses familles n’y ont pas accès.

L’intersyndicale était satisfaite du compromis trouvé, quand bien même celui-ci repose-t-il sur des engagements pour le futur. Les personnels ne l’ont adopté qu’à une faible majorité, marquant ainsi une méfiance vis-à-vis des négociateurs. Le travail qui débute maintenant démontrera si ces doutes sont fondés.

Il semble acquis, y compris pour M Fournel, que la réorganisation du service est nécessaire. Le chantier est de taille pour l’adjoint à l’Education. Il est certain que sur un sujet aussi important la discussion peut et doit dépasser les clivages traditionnels et les approches classiques. Nous sommes prêts à contribuer à cette réflexion, et nous sommes convaincus que d’autres acteurs politiques lyonnais le sont aussi.

Nous souhaitons qu’il fasse preuve d’ouverture d’esprit et d’envie de modernité pour faire qu’à Lyon, ville éducatrice et amie des enfants, la cantine soit un lieu qui apporte à la qualité de vie des lyonnais.

Eric Lafond

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communiqué – compétitivité, l’incompréhension économique perdure

Actualitésle 7 novembre 2012Sans commentaires

L’annonce des mesures destinées à renforcer la compétitivité par M Ayrault confirme une analyse erronée de la situation économique et la difficulté à concevoir des réformes de notre « modèle économique et social ». Elle est à ce point erronée qu’elle n’est pas cautionnée par les économistes proches du PS comme Thomas Piketty. Elle reflète une lecture vieillissante de l’économie, comme en témoigne les commentaires du député PS lyonnais M Muet. Enfin, elle démontre un manque d’exigence quant à l’utilisation de l’argent public car le ratio coût/efficacité des mesures n’est pas acceptable au regard de notre dette publique.

La création d’un crédit d’impôt visant à alléger les charges sociales sur le travail est une poursuite de la politique menée depuis 1993 (allègements Fillon). Le pari selon lequel cette baisse du coût du travail sera constitutive de la création de milliers d’emplois n’a pas fonctionné la première fois. Les études a posteriori des économistes l’ont invalidé. Ce pari peut-il fonctionner aujourd’hui ? Il y a peu de raison d’y croire.

De plus, le coût de ce pari est-il raisonnable ? Ce crédit d’impôt de 20 milliards d’€ a pour conséquence attendue la création de 300 000 emplois ; la simple utilisation d’une calculatrice établit à 66 700 € le coût par emploi crée, un coût complètement démesuré pour la collectivité. Nous devons concevoir une utilisation de l’argent public plus efficace.

Par ailleurs, la mesure annoncée est censée concerner toutes les entreprises. Ce souci égalitariste est touchant. Mais il ne reflète pas notre environnement économique. Lors des vingt dernières années, les 4/5e des emplois créés en France (2,3 millions sur 2,8) l’ont été par des petites et moyennes entreprises. Dès lors que les grandes entreprises ne créent plus véritablement d’emplois en France (elles le font ailleurs), pourquoi imaginer un dispositif dont mécaniquement elles seront les premières bénéficiaires ? C’est, à l’inverse, d’outils nouveaux, dédiés au tissu des petites et moyennes entreprises dont nous avons besoin.
Enfin, un nouveau dispositif fiscal, c’est davantage de complexité dans un environnement réglementaire déjà surchargé. La remise à plat du système fiscal un temps évoqué dans la campagne présidentielle semble déjà oublié. Or, il est certain qu’une simplification des dispositifs fiscaux, administratifs, sociaux constituerait en tant que telle un soutien à la compétitivité et une source d’allègement de la dépense publique.

Et sur ce dernier point, malgré le discours du premier ministre semblant vouloir ouvrir un chantier en ce sens, on ne voit pas d’inflexion aux déclarations du Président de la République de début septembre. Le gouvernement ne semble pas en mesurer d’établir une hiérarchie dans la dépense publique, de faire des choix et donc des réformes sur le périmètre d’intervention de l’Etat.

Est-ce une problème générationnel, un manque d’hétérogénéité dans les parcours professionnels des gouvernants actuels, une lecture du monde obsolète ? Toujours est-il que les gouvernants et parlementaires PS ne sont pas en phase avec la réalité de notre environnement économique, et c’est inquiétant pour les années à venir.

Eric Lafond

www.eric-lafond.fr

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